Les combats vont se poursuivre, affirme le Polisario

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La question du statut du Sahara occidental oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes sahraouis. KEYSTONE/AP/Daniel Ochoa de Olza sda-atsa
Les indépendantistes sahraouis du Front Polisario ont promis de poursuivre les combats au Sahara occidental.

Cette déclaration survient au lendemain de la décision du président américain de reconnaître la souveraineté marocaine sur ce territoire disputé.

« Les combats se poursuivront jusqu’au retrait total des troupes marocaines d’occupation », a affirmé à l’AFP Mohamed Salem Ould Salek, ministre des Affaires étrangères de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), proclamée en 1976 par le mouvement indépendantiste du Polisario.

Le Polisario fait état quotidiennement d’échanges de tirs le long du mur de sable qui sépare les deux camps depuis la rupture le 13 novembre du cessez-le-feu en place depuis 1991.

Dans un communiqué militaire publié vendredi matin, le ministère sahraoui de la Défense affirme que l’Armée populaire de libération sahraouie (APLS) a poursuivi jeudi ses attaques « contre les bases militaires marocaines derrière le mur de la honte ».

Le communiqué fait état de « frappes contre les positions ennemies » dans les secteurs de Mahbes, Haouza et Akouira Ouel Ablel. Il n’a pas été possible de vérifier ces affirmations de source indépendante.

La décision américaine est « nulle et non avenue », a répété M. Ould Salek, en soulignant que la communauté internationale « ne reconnaît et ne reconnaîtra aucune souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental ».

La souveraineté sur le Sahara occidental « appartient exclusivement au peuple sahraoui », a-t-il insisté.

Moscou opposée à la décision américaine

Le président américain, qui quittera la Maison Blanche le 20 janvier, a signé jeudi une proclamation reconnaissant la souveraineté marocaine sur le territoire disputé, en même temps qu’il annonçait que Rabat s’était engagé à normaliser ses relations avec Israël.

« Ce que les Américains ont fait ici, c’est une décision unilatérale qui sort complètement du cadre du droit international », a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov, cité par les agences de presse Ria Novosti et TASS.

De son côté, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a fait savoir que sa position était « inchangée » sur le Sahara occidental et que « la solution à cette question peut toujours être trouvée sur la base des résolutions du Conseil de sécurité ».

Opposition de plusieurs décennies

Dimanche, lors du dernier sommet de l’Union africaine, dont la RASD est membre fondateur, la question du Sahara occidental a été réinscrite à l’agenda du Conseil de paix et de sécurité (CPS).

La question du statut du Sahara occidental, toujours considéré comme un « territoire non autonome » par l’ONU en l’absence d’un règlement définitif, oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes sahraouis.

Le Polisario réclame un référendum d’autodétermination, prévu par l’ONU, tandis que le Maroc, qui contrôle plus des deux tiers de ce vaste territoire désertique, propose un plan d’autonomie sous sa souveraineté.

Les négociations menées par l’ONU et impliquant le Maroc et le Polisario avec l’Algérie et la Mauritanie sont suspendues depuis des mois.

swissinfo.ch