Les Libyens célèbrent les dix ans de la révolution qui a renversé Kadhafi

le libyen abdul hamid dbeibah participant par video le 3 fevrier 2021 a une reunion de diaogue 7458774
le libyen abdul hamid dbeibah participant par video le 3 fevrier 2021 a une reunion de diaogue 7458774

Les Libyens célèbrent ce mercredi le 10e anniversaire du début de la révolution qui a renversé Mouammar Kadhafi en 2011, et qui a depuis laissé le pays plongé dans la guerre civile et le chaos.

Cependant, un accord politique signé le 5 février renforce l’espoir d’une pacification de ce pays pétrolier, qui possède les plus grandes réserves d’or noir du continent africain.

Dans les principales villes de Tripolitaine, la grande région occidentale, les autorités locales ont prévu diverses cérémonies avec discours, chants et feux d’artifice.

Le chef du gouvernement d’unité nationale (GNA), Fayez al Sarraj, reconnu par l’ONU, a assisté mardi soir à l’allumage de la torche des célébrations officielles sur la Plaza de los Mártires de Tripoli.

Malgré les restrictions sanitaires contre le covid-19, des centaines de personnes ont assisté à la cérémonie et ont chanté des chants patriotiques et agité des drapeaux.

Les principales célébrations auront lieu sur cette grande esplanade bordée d’immeubles d’architecture italienne au cœur de la capitale, anciennement appelée «Place Verte» et où Kadhafi aimait faire des discours.

Un premier défilé militaire a également été organisé mardi à Tajura, en périphérie de Tripoli.

Ces derniers jours, Tripoli, où vit la moitié de la population libyenne, a été rénovée et les rues sont ornées de bannières, d’arcs lumineux et de décorations.

Les façades des maisons ont été peintes et les équipes de la Société nationale des travaux publics ont repeint les panneaux de signalisation dans les rues et remplacé les lampadaires de la vieille ville.

Dans tous les coins, des vendeurs ambulants proposent des ballons aux couleurs nationales et le drapeau de l’indépendance de la Libye en 1951 ainsi que le drapeau berbère, emblème culturel et identitaire d’une partie de la population libyenne.

Les autorités de l’est du pays, région contrôlée par le maréchal Khalifa Haftar, n’ont pour leur part annoncé aucune célébration, pas même à Benghazi, berceau de la révolution et deuxième plus grande ville de ce pays d’Afrique du Nord.

– “Catastrophe” –

«Sortir célébrer l’anniversaire de la révolution serait fou parce que cette révolution a été une catastrophe qui a gâché des années de stabilité», déclare Jamis Al Sahati, un activiste basé en Cyrénaïque, la grande région de l’Est.

Dix ans après la révolution et l’intervention sous protection de l’OTAN, qui s’est terminée en octobre 2011 avec la mort du «Guide» Kadhafi, la Libye continue d’être divisée entre deux puissances antagonistes et de souffrir d’ingérences étrangères.

“Justice n’a pas encore été rendue pour les victimes de crimes de guerre et de graves violations des droits humains, notamment les meurtres, les disparitions forcées, la torture, les déplacements forcés et les enlèvements par des milices et des groupes armés”, a déploré mardi l’organisation de défense des droits humains Amnesty International.

La vie quotidienne des Libyens est marquée depuis plusieurs années par des pénuries d’argent et d’essence, des coupures d’électricité et une inflation galopante.

Le GNA, installé à Tripoli en 2016 après une médiation onusienne, bénéficie d’un fort soutien de la Turquie.

Le gouvernement d’opposition, dirigé par Haftar et établi en Cyrénaïque, bénéficie du soutien des Émirats arabes unis, de l’Égypte et de la Russie.

Suite à l’échec de l’offensive de Haftar pour s’emparer de Tripoli en 2020, il y a eu plusieurs tentatives de médiation.

L’ONU est parvenue à un accord de cessez-le-feu en octobre dernier qui, contrairement aux précédents, est respecté.

Les négociations entre les forces libyennes ces derniers mois ont abouti à un accord pour la tenue d’une élection présidentielle en décembre 2021.

Le 5 février, un exécutif de transition, dirigé par le Premier ministre par intérim Abdul Hamid Dbeibah, et un Conseil présidentiel de transition dirigé par Mohamed al Menfi ont été nommés.
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