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Les Russes vont élire ce dimanche 16 gouverneurs régionaux et les parlementaires locaux de 13 régions, dont la Crimée, annexée par la Russie en 2014.

Jour d’élections en Russie. À travers tout le pays, les Russes ont commencé à voter ce dimanche pour élire leurs représentants locaux, après une campagne agitée et une des plus importantes opérations de répression judiciaire contre des manifestants en près de dix ans. 

En tout, plus de 5000 élections ont lieu dans le pays ce dimanche. Les Russes vont élire 16 gouverneurs régionaux et les parlementaires locaux de 13 régions, dont la Crimée, péninsule ukrainienne annexée par la Russie en 2014.  

Selon les analystes, les résultats du vote seront suivis de près à l’approche des élections parlementaires de 2021 et contribueront à façonner l’avenir politique de la Russie, alors que le président Vladimir Poutine entame sa troisième décennie au pouvoir. 

Près de 2700 interpellations cet été

Tous les yeux sont rivés vers la capitale, où les bureaux de vote ont ouvert à 8 heures locales (7 heures à Paris). Dans le centre et en banlieue, les moscovites sont accueillis par des policiers en uniformes blancs, des ballons gonflables aux couleurs de la Russie, des stands de glaces, de thé, de kacha et de saucisses. 

« Je suis venue exprimer ma position de citoyenne », déclare en banlieue sud Marina Chiragova, 52 ans, qui travaille dans un hôpital. Sans préciser, elle indique avoir voté pour une « femme ». 

Des manifestations quasi-hebdomadaires ont eu lieu cet été pour protester contre l’éviction de candidats de l’opposition à l’élection du Parlement local. La jeune avocate Lioubov Sobol, qui a mené le mouvement de contestation cet été après avoir été exclue de la campagne, a voté près de son domicile au sud de Moscou, accompagnée de nombreux journalistes. « Bien sûr, personne ne veut aller voter, car leurs candidats n’ont pas été autorisés à se présenter », a-t-elle déclaré. « Bien sûr, ce n’est pas de la démocratie ». 

Pour la plupart non autorisées, les manifestations de l’été à Moscou ont donné lieu à près de 2700 interpellations. Du jamais vu depuis la vague de protestations de 2011-2012 qui avait précédé le retour de Vladimir Poutine à la présidence, après un mandat de Premier ministre. 

Les autorités ont brièvement emprisonné pratiquement tous les candidats d’opposition voulant participer au scrutin moscovite. Plusieurs manifestants ont également écopé de lourdes peines, allant jusqu’à quatre ans de prison. Un homme a lui été condamné à cinq ans de prison pour un tweet appelant à attaquer les enfants de policiers. 

« Voter intelligemment »

À Moscou, près de 7,2 millions d’électeurs sont appelés à élire 45 députés au Parlement de la ville, dominé par le parti au pouvoir, Russie Unie, et qui ne s’oppose jamais aux politiques du maire pro-Kremlin, Sergueï Sobianine. 

Pas un seul candidat ne se présente toutefois officiellement sous les couleurs du parti, dont la popularité a atteint un score historiquement bas. 

L’opposant Alexeï Navalny, 43 ans, a appelé les Moscovites à « voter intelligemment » en soutenant ceux qui sont les mieux placés pour battre les candidats affiliés au pouvoir. La plupart d’entre eux sont communistes. 

« Moscou est contre toute cette honte », a déclaré dimanche matin Aliona Prokhorova, une électrice de 46 ans, en référence aux manifestations réprimées de l’été. « J’ai voté intelligemment », confie cette mère de quatre enfants venue voter dans un bureau aménagé dans une école du sud-ouest de Moscou.  

lexpress