Les Canadiens sont en passe de détrôner les Warriors, équipe californienne qui fait la loi depuis 2015 au sein de la principale ligue de basket-ball au monde.

Les Raptors de Toronto n’ont plus besoin que d’une victoire pour remporter le premier titre NBA de leur histoire après leur deuxième succès consécutif sur le parquet de Golden State (105-92), vendredi 7 juin.

Pour la première fois depuis 2014 qu’ils font la loi sur la principale ligue de basket-ball au monde, les Californiens des Warriors ont chuté deux fois de suite à l’Oracle Arena en play-offs. C’est donc peut-être une ère dans l’histoire de la NBA qui a pris fin avec ce cinquième match de la finale 2019. Les doubles champions en titre, qui participent à leur cinquième finale de suite et qui visent un quatrième titre depuis 2015, ont concédé une troisième défaite en quatre matches face aux Raptors, dans une ambiance de fin de règne.

Stephen Curry a multiplié les mauvaises décisions

Les Warriors avaient pourtant récupéré Klay Thompson, forfait pour le troisième match perdu mercredi à l’Oracle Arena (123-109), et Kevon Looney qui ne devait plus jouer cette saison à cause d’une blessure à la cage thoracique. Looney et Thompson ont donné des raisons d’espérer à leurs supporteurs en première période, en ralentissant les attaques de Toronto. Thompson a marqué 28 points, mais l’arrière est le seul à avoir surnagé dans le naufrage de son équipe. Son coéquipier Stephen Curry, le meneur des Warriors a multiplié les mauvaises décisions et a shooté à trois points à plusieurs reprises sans faire mouche (2 sur 9).
Les Warriors, toujours privés de Kevin Durant, leur meilleur marqueur blessé depuis tout juste un mois, avaient pourtant bien débuté la rencontre. Les Californiens menaient de onze points en fin de première période, avant que Kawhi Leonard ne ramène Toronto à six longueurs avec deux paniers consécutifs (23-17).

Les Canadiens des Raptors, au bord de la rupture, ont fait le dos rond en début de deuxième période et ont réussi à limiter la casse grâce notamment à l’inefficacité à trois points des Warriors (2 sur 13, 15,4 % à la pause). C’est la franchise canadienne qui a mieux fini la deuxième période grâce notamment à Serge Ibaka et qui a regagné les vestiaires avec l’ascendant, même si elle accusait encore quatre points de retard (46-42).

Golden State « pris à la gorge » dès le troisième quart-temps

Toronto a continué sur sa lancée en début de troisième période. Golden State qui fait souvent la différence en troisième période, n’a cette fois pas réussi à prendre le large et c’est au contraire Toronto qui a assommé les Warriors avec Ibaka (20 points, deux contres) et Leonard, auteur de 15 points durant cette seule période, pour un total de 36.

Sonnés, Curry et ses coéquipiers ont perdu pied et ont compté jusqu’à 16 points de retard. Ils n’ont plus réussi à inquiéter des Raptors souverains. « Ils nous ont pris à la gorge dès le début du troisième quart-temps, Kawhi a marqué d’entrée deux paniers à trois points et on a perdu notre ténacité en défense », a regretté Steve Kerr.

Toronto va donc disputer lundi le match le plus important de sa jeune histoire, mais il en faut plus pour que le taciturne Kawhi Leonard laisse exploser sa joie. « On essaie juste de jouer avec le plus d’intensité possible. On joue pour gagner chacun de nos matches. Dans cette équipe, on se fout de savoir qui marque les paniers ou fait les passes décisives », a-t-il insisté. « Il faut rester concentré et continuer à jouer en défense avec cette intensité », a également prévenu le sacré champion NBA en 2014 avec San Antonio.

Les Californiens veulent croire à un sixième match à Oakland

Au contraire, la tâche de Golden State s’annonce très compliquée. Une seule équipe a remporté une finale après avoir été menée 3-1 : il s’agit de Cleveland, vainqueur du titre en 2016 (4-3), contre… les Warriors. Les Californiens n’ont maintenant plus le droit à l’erreur car le prochain match qui peut offrir le titre à Toronto. Seul motif d’espérer un sursaut, le prochain match qui aura lieu lundi se déroulera dans la salle des Raptors. D’autant plus qu’ils délaisseront la saison prochaine cette salle inaugurée en 1966 pour une ultra-moderne enceinte en plein cœur de San Francisco.

Curry veut croire qu’il y aura un sixième match à Oakland. « Ce n’est pas fini. Bien sûr, on se retrouve dans une situation inconfortable, cela semble cliché de dire ça, mais il faut prendre les matches les uns après les autres », a expliqué le triple champion NBA. « On croit tous qu’on peut y arriver », a-t-il conclu.

Le Monde avec AFP