Niger : Mohamed Bazoum élu président

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SeneNews

Niger : l’ancien ministre de l’Intérieur de Mahamadou Issoufou, élu président
Arrivé en tête au premier tour, Mohamed Bazoum, l’ancien ministre de l’Intérieur du Président Mahamadou Issoufou, a été élu président de la République du Niger, à l’issu du second tour qui s’est tenu ce dimanche 21 février 2021. Mohamed Bazoum a été élu avec 55, 75% des voix, selon les résultats provisoires communiqués par la commission électorale nationale indépendante (CENI).

L’opposant et ancien président Mahamane Ousmane (1993 -1996 ) n’aurait donc pas pu concrétiser son rêve de revenir aux affaires après avoir été victime d’un coup d’État en 1996.

Le candidat du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS, au pouvoir) a remporté 55,75 % des suffrages (2 501 459 voix) exprimé lors du second tour de la Présidentielle qui l’a apposé à l’opposant et ancien président Mahamane Ousmane, leader du Congrès démocratique et social (CDS.
L’ancien ministre de l’Intérieur devance son principal challenger, l’opposant Mahamane Ousmane (44,25 % des suffrages et 1 985 736 voix), qui avait reçu le soutien de Hama Amadou, de Salou Djibo, (ancien président de transition), ou encore d’Ibrahim Yacouba. Mohamed Bazoum, pour sa part, avait bénéficié du ralliement, entre les deux tours, de Seini Oumarou et d’Albadé Abouba (8,95 % et 7,07 % des suffrages au premier tour), explique Jeune Afrique.

Au premier tour, M. Bazoum avait obtenu 39, 03%, soit plus de 20% d’avance sur son MahamaneOusmane. Mohamed Bazoum succède ainsi au président Mouhamadou Issoufou, qui a fait ses deux mandats constitutionnels et qui, contrairement à Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire) et Alpha Condé (Guinée), décidé de ne pas s’accrocher au pouvoir en tripotant la constitution. Au moment certains pays de l’Afrique de l’Ouest sont en train de perdre des points en matière de démocratie, le Niger vient de démontrer ainsi à la face du monde qu’il est engagé résolument sur la voie de la démocratie.

Mohamed Bazoum l’aurait emporté largement dans les régions de Tahoua, Agadez et Diffa, et arrive également en tête à Maradi et, de justesse, à Zinder, où les scores sont cependant très serrés (340 397 voix contre 340 249). Mahamane Ousmane gagne quant à lui à Dosso et, surtout, dans les centres urbains de Tillabéri et Niamey. Ancien président (1993- 1996), élu démocratiquement, Mahamane Ousmane a été victime d’un coup d’État, le 27 janvier 1996 à Niamey. Depuis il est dans l’opposition.

Ancienne colonie française et pays riche en uranium, le Niger est généralement classé parmi les pays les plus pauvres du monde. Il est menacé de manière cyclique par l’insécurité alimentaire, les intempéries (inondations) parfois, et depuis quelques années, frappé de plein fouet par le terrorisme islamiste qui sévissent dans le Sahel. Dans l’indice de développement humain aussi, le pays a souvent été mal classé.

Depuis des années, les coups d’État militaires étaient devenus presque une tradition dans ce pays, au point où l’on ironise en disant que les putschs étaient « un sport national ». Le dernier coup d’État remonté à février 2010. Un coup d’État salué par le peule nigérien parce que le président Mamadou Tandja qui a épuisé ses deux mandats constitutionnels a décidé de s’incruster au pouvoir bien qu’il eût juré sur le coran de partir après ses deux mandats.

C’est fort de cela que beaucoup d’observateurs ont salué la décision du président Issoufou Mouhamadou (2010-2020) de ne pas s’accrocher au pouvoir pendant que ses homologues ivoirien et guinéens ont décidé de marcher sur les cadavres de leurs compatriotes pour s’accrocher au pouvoir. Le Niger gagne des points en démocratie quand le voisin béninois jadis vitrine et laboratoire de la démocrate a sombré depuis 5 ans dans une autocratie. Pire, dans moins de deux mois se tiendra une nouvelle élection présidentielle à laquelle est écartée l’opposition tout comme les dernières législatives.

F. ATAYODI