Nouvelle-Calédonie : le gouvernement chute après les FNKLS

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Cinq membres du mouvement indépendantiste FNKLS ont quitté le gouvernement collégial. Ils dénoncent « l’impasse et l’immobilisme » dans l’archipel, où la vente de l’usine de nickel Vale crée depuis plusieurs mois un climat de tension et des violences régulières.
Par Les Echos
Publié le 2 févr. 2021 à 8:22


En pleine alerte cyclonique, « c’est une tempête qui s’abat sur le gouvernement » de Nouvelle-Calédonie, annonce la chaîne locale « La 1re ». Ce mardi, les membres indépendantistes de l’exécutif ont annoncé leur démission, entraînant la chute du gouvernement de la collectivité.

Les indépendantistes du FLNKS disposaient de cinq membres de l’exécutif sur 11 au sein de ce gouvernement collégial, élu par les membres du Congrès. Un nouveau gouvernement devra être élu dans un délai de 15 jours, selon le statut de l’accord de Nouméa (1998).

L’une des raisons invoquées par le FLNKS est le « processus de vente » de l’usine du groupe brésilien Vale. Cette usine de nickel doit être cédée à un consortium calédonien et international où figure le géant suisse Trafigura. Après des mois de négociations, le processus de vente pourrait aboutir le 12 février.

Retard dans le vote du budget primitif

Or, la vente soulève un tollé dans la mouvance indépendantiste et a été à l’origine d’une flambée de violences en décembre. L’usine est à l’arrêt après avoir été prise d’assaut par des émeutiers le 10 décembre et est la cible d’exactions permanentes.

Les indépendantistes estiment que cette vente « fait primer les intérêts des multinationales sans considération des aspirations des populations locales ». De façon plus générale, ils mettent aussi en cause « le retard dans le vote du budget primitif » de l’île, qui a été reporté à mars, ainsi que « la dynamique institutionnelle en panne et le consensus qui est de moins en moins la règle ».

L’Avenir en Confiance (AEC), coalition des principaux partis non indépendantistes dont est issu le président du gouvernement Thierry Santa, a fustigé « une décision incohérente, irresponsable et dangereuse » après l’annonce de ces démissions. « En provoquant une crise institutionnelle en pleine période de gestion de la crise sanitaire, d’une possible crise budgétaire ainsi que des tensions économiques et sociales fortes, les indépendantistes font peser un immense risque sur l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie », ont-ils déclaré dans un communiqué.

« Repousser la vente » de l’usine Vale
Leader de l’Eveil Océanien, parti charnière au Congrès à même de faire et défaire les majorités, Milakulo Tukumuli a, lui, estimé que cette décision des indépendantistes avait été prise « pour bloquer la cession de l’usine de Vale ». La réunion visant à faire valider le projet avec Trafigura par les exécutifs des collectivités, prévue pour le 12 février, aurait été avancée à mercredi, selon plusieurs sources.

« Je préfère une action institutionnelle à une action sur le terrain. Nous l’avons déjà dit, nous pensons qu’il faut repousser la vente de cette usine, les oppositions sont trop fortes », a déclaré Milakulo Tukumuli. Ce dernier n’a toutefois pas précisé si son parti formerait ou pas une majorité avec le FLNKS « dans ce contexte compliqué ».

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Les discussions avec l’Etat pour préparer « l’après accord de Nouméa » sont au point mort en raison de la vente conflictuelle de l’usine Vale. L’archipel fait face en outre à une crise budgétaire sans précédent et une économie en berne, due aux incertitudes institutionnelles et à l’épidémie de Covid-19.

La chute du gouvernement intervient quatre mois après le référendum sur l’indépendance, remporté d’une courte tête par les pro-Français (53,3 %). Un premier référendum avait eu lieu en 2018 et un troisième est encore possible d’ici à 2022.

Source AFP

Les Echos