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Le bras de fer dégénère au Soudan avec la dispersion du sit-in de la contestation

Le bras de fer entre les généraux au pouvoir au Soudan et la contestation a pris une tournure violente lundi avec la dispersion par la force du sit-in des manifestants à Khartoum, qui a fait au moins cinq morts selon un comité de médecins.

Face à l’opération des militaires, les manifestants, qui réclament depuis des semaines un transfert du pouvoir aux civils, ont mis le feu à des pneus et érigé des petits murets avec des briques sur des routes accédant au lieu du sit-in, ainsi que sur d’autres axes de la capitale.

Selon le comité central des médecins soudanais, proche du mouvement de contestation, les forces de l’ordre ont eux tiré dans l’hôpital Charq al Nil et empêchent l’accès au Royal Care, un autre établissement hospitalier de la capitale.

Les relations entre les deux camps se sont tendues à la suite de l’échec le 20 mai des négociations, suivies des mises en garde du Conseil militaire qui dirige le pays depuis le 11 avril, date de la destitution sous la pression populaire du président Omar el-Béchir.

L’escalade est telle, lundi, que les fers de lance de la contestation ont appelé à la “désobéissance civile” dans tout le pays et à “renverser” les généraux au pouvoir.

– “Massacre” –

Des tirs provenant du lieu du sit-in ont été entendus tôt en matinée par un journaliste de l’AFP, qui a fait état d’un déploiement important des forces de sécurité dans les rues de la capitale.

“Une tentative du Conseil militaire de faire disperser le sit-in par la force est en cours”, a ensuite déclaré dans un communiqué l’Association des professionnels soudanais (SPA), acteur majeur de la contestation.

Un habitant a déclaré à l’AFP que des forces de police tentaient d’expulser les manifestants d’une rue près du sit-in.

Le Comité central des médecins soudanais a fait état d’au moins cinq morts, des “martyrs” “tués sous les balles du Conseil militaire”.

Il a ajouté vérifier des informations faisant état d’autres morts. Il a par ailleurs indiqué avoir enregistré “un nombre important de blessés graves ayant nécessité des interventions chirurgicales et le placement en soins intensifs”.

La SPA a condamné un “massacre” et appelé les Soudanais à “la désobéissance civile totale pour renverser le Conseil militaire perfide et meurtrier”.

L’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation dont fait partie la SPA, a appelé à l'”intervention urgente” d’organisations humanitaires citant la Croix-Rouge, le Croissant-Rouge et Médecins sans frontières (MSF).

Elle a également appelé dans un communiqué à des “marches pacifiques et des cortèges dans les quartiers, les villes, les villages”, et à “renverser le Conseil militaire”.

L’ambassade américaine a réagi sur Twitter en exhortant les généraux à “cesser” cette opération “injustifiée”. Le Conseil militaire en “porte la responsabilité”, a-t-elle prévenu.

Depuis le 6 avril, des milliers de manifestants campent devant le siège de l’armée. Après avoir demandé le soutien des militaires contre le président Omar el-Béchir, ils réclament désormais le départ du pouvoir des généraux.

Des négociations entre les deux camps visant à former un Conseil souverain, censé assurer la transition politique pour trois ans, ont échoué le 20 mai. Depuis lors, le Conseil militaire a dénoncé des débordements autour du sit-in, les qualifiant de “menace pour la sécurité et la paix publiques”, et a promis d’agir “avec détermination” pour faire cesser cette situation.

– “Sit-in pacifique” –

Plusieurs personnes ont été tuées ces derniers jours dans des circonstances peu claires à proximité du lieu du sit-in.

Des soldats et des agents des forces de sécurité avaient été déployés samedi autour de la rue du Nil, près du lieu du sit-in, empêchant l’accès à cette zone.

La SPA avait accusé le même jour les militaires de “planifier de façon systématique et de s’employer à disperser le sit-in pacifique (…) avec une force et une violence excessives”.

Une grève générale a été observée les 28 et 29 mai à travers le pays par le mouvement de contestation, mobilisant divers secteurs d’activité, pour tenter de faire plier le pouvoir militaire.

Le chef du Conseil militaire au pouvoir, Abdel Fattah al-Burhane, s’est rendu récemment en Egypte, aux Emirats arabes unis et en Arabie saoudite, trois pays qui lui ont affiché leur soutien.

A la tête du Soudan pendant près de 30 ans, Omar el-Béchir a été destitué et arrêté par l’armée le 11 avril sous la pression d’un mouvement inédit déclenché le 19 décembre par la décision des autorités de tripler le prix du pain dans un pays miné par une grave crise économique.

https://www.afp.com/fr/infos/334/le-bras-de-fer-degenere-au-soudan-avec-la-dispersion-du-sit-de-la-contestation-doc-1h69ps4

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L’élection présidentielle officiellement annulée en Algérie

Le conseil constitutionnel en Algérie annonce qu’il n’est pas possible d’organiser des élections présidentielles le mois prochain.

Le Conseil déclare avoir rejeté les candidatures des deux candidats en lice et qu’il est donc impossible de tenir le vote le 4 juillet.

Le scrutin du 4 juillet était censé permettre l’élection d’un successeur au président Abdelaziz Bouteflika, qui a démissionné le 2 avril sous la pression de la rue et de l’armée.

Le Conseil précise qu’il revient au chef de l’Etat par intérim de convoquer à nouveau le corps électoral et de parachever le processus électoral jusqu’à l’élection du président de la République.

“Considérant que dès lors que la Constitution prévoit que la mission essentielle dévolue à celui investi de la charge de chef de l’Etat est d’organiser la présidentielle, il y a lieu de réunir les conditions adéquates pour l’organisation de cette élection dans la transparence et la neutralité”, ajoute le texte.

Pour l’analyste politique Kader Abderrahim, les algériens doivent produire eux-mêmes une feuille de route à l’image de ce qui s’est passé au Soudan.

Depuis le 22 février, les Algériens sortent chaque vendredi massivement dans les rues, notamment à Alger, pour réclamer un changement du “système” politique.

BBC

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Suède: Assange fixé sur son éventuelle détention pour viol présumé

Suède: Assange fixé sur son éventuelle détention pour viol présuméLa justice suédoise se prononce lundi sur un éventuel placement en détention “par défaut” du fondateur de WikiLeaks Julian Assange, poursuivi pour un viol présumé commis en Suède en 2010 et détenu à Londres, prélude à l’émission d’un mandat d’arrêt européen.

L’audience est prévue à 10H00 locales (08H00 GMT) au tribunal d’Uppsala (est), avant une décision annoncée dans la foulée.

La décision des juges sera une étape importante puisque si le placement en détention est accepté, le parquet a indiqué son intention d’émettre un mandat d’arrêt européen afin d’obtenir le transfèrement en Suède de Julian Assange depuis le Royaume-Uni, où il est actuellement écroué.

Mi-mai, la procureure en charge de l’instruction Eva-Marie Persson avait annoncé la réouverture de l’enquête pour viol contre Julian Assange, 47 ans, après son arrestation à Londres le 11 avril.

Une semaine plus tard, le parquet avait demandé son placement en détention en son absence – une procédure légale en Suède – “en raison de soupçons de viol”.

L’interpellation de Julian Assange en Grande-Bretagne, suivi de la réouverture de l’enquête en Suède, avait ravivé l’espoir de la plaignante et de son avocate de voir le fondateur de WikiLeaks remis au pays scandinave, en vue d’un procès avant la prescription échéant en août 2020.

Agée d’une trentaine d’années à l’époque des faits, la plaignante accuse l’Australien d’avoir engagé un rapport sexuel pendant qu’elle dormait et sans préservatif, alors qu’elle lui avait refusé tout rapport non protégé à plusieurs reprises.

De son côté, Assange a toujours nié les faits, et soutient qu’elle était consentante et avait accepté de ne pas utiliser de préservatif.

Il était aussi visé par une plainte pour agression sexuelle à la même époque, mais celle-ci a été frappée par la prescription en 2015.

– “Torture psychologique” –

La réouverture de l’enquête suédoise visant l’Australien relance ainsi un feuilleton judiciaire qui dure depuis près d’une décennie durant laquelle Julian Assange et ses soutiens n’auront eu de cesse de dénoncer une manoeuvre destinée à le faire extrader vers les Etats-Unis.

Les Etats-Unis reprochent à l’Australien d’avoir mis en danger certaines de leurs sources lors de la publication en 2010 par WikiLeaks de 250.000 câbles diplomatiques et d’environ 500.000 documents confidentiels portant sur les activités de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. lls l’accusent également d’avoir “comploté” avec l’ex-analyste militaire Chelsea Manning, à l’origine de cette fuite sans précédent.

La justice américaine a inculpé Julian Assange le 23 mai en vertu des lois anti-espionnage.

C’est officiellement pour éviter l’extradition aux Etats-Unis que l’Australien s’était réfugié en 2012 à l’ambassade d’Equateur à Londres. En son absence, et faute de pouvoir faire avancer l’enquête, la justice suédoise avait abandonné les poursuites en mai 2017.

Mais à la suite d’une demande d’extradition formulée par les Etats-Unis, Julian Assange a été remis le 11 avril aux autorités britanniques qui l’ont immédiatement emprisonné puis condamné à une peine de 50 semaines de prison le 1er mai pour violation des conditions de sa liberté provisoire.

Selon Mme Persson, “dans l’éventualité d’un conflit entre le mandat d’arrêt européen et une demande d’extradition de la part des Etats-Unis, les autorités britanniques décideront sur l’ordre de priorité. L’issue de ce processus est impossible à prévoir”.

L’audience d’extradition réclamée par les Etats-Unis devait se tenir jeudi dernier, mais a été ajournée à la semaine du 12 juin – les avocats de Julian Assange ayant fait valoir qu’il était en mauvaise santé.

Un rapporteur de l’ONU a affirmé vendredi que Julian Assange présentait “tous les symptômes (de) torture psychologique” à laquelle il a été exposé “pendant plusieurs années”.

Le rapporteur a estimé que s’il venait à être extradé aux Etats-Unis, il “serait exposé à un risque réel de violations graves de ses droits humains, y compris de sa liberté d’expression et d’expression”.

AFP

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International

Réunions de crise pour la coalition de Merkel après un nouveau coup dur

Les partis de la coalition de la chancelière allemande ont prévu des réunions de crise lundi, le gouvernement se trouvant en péril après de mauvais résultats aux Européennes et la démission de la cheffe des sociaux-démocrates.

Les rencontres séparées des chrétiens-démocrates d’Angela Merkel (CDU) et du SPD doivent s’achever dans l’après-midi. Elles étaient annoncées depuis la semaine dernière pour faire un bilan du scrutin européen du 26 mai qui a vu les deux partis plonger à des plus bas historiques. Ces conclaves ont pris de l’importance avec le départ inattendu dimanche d’Andrea Nahles de la tête d’un parti social-démocrate déboussolé.

La chancelière a promis dimanche la stabilité de la coalition, assurant que son gouvernement allait “continuer (le) travail avec tout notre sérieux et surtout notre sens des responsabilités”.

Battu sèchement aux législatives de 2017 et humilié aux Européennes, le SPD, relégué à 15% derrière les Verts, est cependant en pleine crise existentielle. Certains réclament depuis des mois une cure de jouvence dans l’opposition et un virage à gauche quitte à faire tomber Mme Merkel avant la fin de la législature en 2021.

– Crise extrêmement sérieuse –

Mais la décision est compliquée par les absences de programme et de figure incontestée pour prendre la tête du parti, ainsi que la crainte d’un résultat catastrophique en cas de législatives anticipées. “Ce parti vit une crise extrêmement sérieuse”, a reconnu Malu Dreyer, une vice-présidente de la formation.
Jusqu’ici, le plus vieux parti d’Allemagne avait prévu de trancher la question du maintien au gouvernement en septembre, à mi-mandat et autour de scrutins régionaux qui s’annoncent difficiles dans trois régions de l’ex-Allemagne de l’Est.

Dans ces Länder, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD, extrême droite) espère dépasser la CDU de Merkel, et réduire les sociaux-démocrates à la portion congrue.

Les chrétiens-démocrates sont eux aussi mal en point. La dauphine présumée de la chancelière, Annegret Kramp-Karrenbauer est ouvertement critiquée depuis les Européennes, d’autant qu’elle a multiplié les faux pas, s’aliénant notamment d’influents YouTubeurs juste avant ce scrutin.

Si, comme Mme Merkel, elle a déclaré sa fidélité à la GroKo – la coalition au pouvoir – d’autres sont moins affirmatifs. “Si on n’avance pas avec le SPD, alors on devrait en tirer des conclusions et se demander si ça a encore du sens de poursuivre avec la grande coalition”, a jugé Carsten Linnemann, chef-adjoint des députés du centre droit (CDU-CSU), dans un entretien au groupe de presse régional RND.

– Ascension des Verts –

Car sur les questions sociales –retraites, indemnisation chômage–, CDU et SPD accentuent leurs différences depuis des mois. S’y ajoute la lutte contre le changement climatique, un domaine où l’Allemagne est à la traîne mais qui est devenu cher aux électeurs, comme l’illustre le succès des Verts aux Européennes.
Des législatives anticipées dans de telles conditions seraient une première en Allemagne et à haut risque pour les deux partis qui ont dirigé ensemble ou à tour de rôle le pays depuis 1949.

A l’inverse, après leur score record aux Européennes, les Verts poursuivent leur ascension.

Dans un sondage RTL publié samedi, ils devancent pour la première fois, avec 27% des intentions de vote, la CDU (26%). Le SPD (12%) est lui au coude-à-coude avec l’extrême droite.

AFP ipreunion

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Economie

Le futur directeur des Opérations de la Banque mondiale en visite au Sénégal

Communique de presse

Dakar, 28 mai 2019 – M. Nathan Belete a été nommé Directeur des Opérations pour le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée-Bissau, la Gambie et la République de Cabo Verde, en remplacement de Madame Louise Cord qui a dirigé avec succès les programmes de la Banque mondiale dans ces pays ces quatre dernières années et dont le mandat arrive normalement à terme le 30 juin 2019.

Monsieur Belete va effectuer une visite de deux jours à Dakar du 18 au 20 juin pour, notamment, prendre contact avec les autorités sénégalaises. 

De nationalité éthiopienne, M. Belete a rejoint la Banque en 2000 en tant que Jeune professionnel. Il a occupé divers postes au sein de l’institution, notamment celui de spécialiste en Agriculture en Chine et en Inde, avant de devenir chef de secteur du Developpement durable en Afrique de l’Est, puis responsable sectoriel Developpement durable en Indonésie. Son dernier poste avant sa nomination a été celui de directeur du pôle Agriculture pour l’Asie de l’Est et la Région Pacifique.

Parmi les responsabilités qui lui ont été assignées par M. Hafez Ghanem, vice-président de la Banque mondiale pour la région Afrique, les principales priorités de M. Belete seront les suivantes: (i) superviser le dialogue politique de la Banque et ses engagements stratégiques avec les gouvernements respectifs, les parties prenantes et les partenaires de développement; (ii) faciliter et renforcer la collaboration avec le Groupe de la Banque mondiale afin d’atteindre le double objectif de mettre fin à l’extrême pauvreté et de promouvoir une prospérité partagée ; et iii) amener efficacement l’équipe de pays à identifier des solutions de développement innovantes.

Contact :

Mademba Ndiaye

Tel : +221 77 637 89 23 / +221 338594140

mailto: [email protected]