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Les mauritaniens se sont rendus dans les bureaux de vote pour élire leur futur Président de la République.

Les mauritaniens se sont rendus dans les bureaux de vote pour élire leur futur Président de la République.

Au total 1.544.132 électeurs se sont rendus, tôt samedi, dans les 3862 bureaux de vote, ouverts à 7heures du matin, sur l’ensemble du territoire national, pour élire leur futur Président de la République.

Au niveau de Nouakchott, les électeurs se sont présentés, à 6heures du matin, une heure avant l’ouverture des bureaux de vote, dans de longues files d’attente pour s’acquitter de leur devoir civique dans l’ordre et la discipline pour s’évacuer, par la suite, à leurs autres occupations .

Ils auront à choisir parmi les six candidats en compétition, celui qui dirigera le pays pour les prochaines années, dans le cadre d’une alternance pacifique au pouvoir, dans le strict respect de la constitution.

Le scrutin d’aujourd’hui, intervient après une campagne électorale calme et apaisée, saluée par la CENI, durant laquelle les candidats ont sillonné le pays et présenté leurs programmes électoraux lors des meetings et rassemblements électoraux dans le but de gagner la confiance de l’électeur Mauritanien.

Il s’agit de :

1- Mohamed Cheikh Mohamed Ahmed Ghazouany

2- Sidi Mohamed Boubacar Boussalev

3- Birama Dah Dah Abeid

4- Mohamed Sidi Maouloud

5- Mohamed Lemine El Mourteji Wavi

6- Kane Hamidou Baba

Le scrutin est surveillé, selon la CENI, par 100 observateurs internationaux issus du Centre Carter International, de l’Union Africaine, des chancelleries occidentales à Nouakchott (États Unis, d’Espagne, et France), des Nations Unies et d’un grand nombre d’observateurs nationaux représentant un certain nombre d’organisations de la société civile. 

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L’ancien ministre de la défense Mohamed Ould Ghazouani, favori de la présidentielle en Mauritanie

Le président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz a apporté son soutien à son ancien ministre pour la présidentielle, dont le premier tour a lieu ce samedi.

Les Mauritaniens ont commencé à voter samedi 22 juin pour désigner le successeur du président sortant Mohammed Ould Abdel Aziz, qui ne peut se représenter. Les premiers résultats attendus en début de semaine prochaine. Un second tour sera organisé en juillet si aucun des candidats ne recueille plus de 50 % des suffrages.

Ce scrutin doit marquer la première transition entre un président sortant et son successeur élu dans ce pays secoué par de nombreux coups d’Etat de 1978 à 2008. Arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2008, Mohamed Ould Abdel Aziz, qui était alors général, s’est ensuite fait élire en 2009, puis réélire en 2014 lors d’un scrutin boycotté par les principaux partis d’opposition.

Il a assuré la stabilité de ce pays de 4,5 millions d’habitants frappé dans les années 2000 par des attentats djihadistes et les enlèvements d’étrangers en menant une politique volontariste : remise sur pied de l’armée, surveillance accrue du territoire et développement des zones reculées.

Des risques de fraude évoqués

Pour lui succéder au terme de ses deux mandats constitutionnels, le pouvoir a choisi comme candidat son compagnon de toujours, Mohamed Ould Ghazouani, qui a été chef d’état-major pendant dix ans, puis quelques mois ministre de la défense. Tout autre choix constituerait un « retour en arrière », a affirmé le président sortant lors de l’ultime meeting de M. Ould Ghazouani jeudi soir sur le site de l’ancien aéroport de la capitale, devant quelque 10 000 personnes, dont de nombreux jeunes. M. Ould Abdel Aziz a prédit une élection de son compagnon d’armes dès le premier tour.

Mais celui qui apparaît comme son rival le plus sérieux, l’ancien chef de gouvernement de transition (2005-2007) Sidi Mohamed Ould Boubacar, estime que « la majorité des Mauritaniens a envie de tourner la page de ces dix dernières années », dans un entretien à l’Agence France-Presse (AFP). Ce « candidat indépendant », soutenu par une large coalition comprenant le parti islamiste Tewassoul, principale formation d’opposition, ainsi que par le puissant et richissime homme d’affaires Mohamed Ould Bouamatou, a réuni jeudi soir des milliers de ses partisans dans un stade comble de Nouakchott.

Il a mis en garde contre les risques de fraude, tout comme les autres candidats de l’opposition, dont le militant antiesclavagiste Biram Ould Dah Ould Abeid, déjà présent en 2014, liés par un engagement à se soutenir en cas de second tour le 6 juillet.

Mais les cinq adversaires du candidat du pouvoir, l’ex-général Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed, dit Ould Ghazouani, dénoncent une tentative de perpétuation du régime de Mohamed Ould Abdel Aziz et des risques de fraude.

Le président sortant justifie la détention d’un blogueur

Les critiques de la Mauritanie se focalisent sur le respect des droits fondamentaux, dans une société marquée par des inégalités ainsi que des disparités entre communautés arabo-berbère, haratine (descendants d’esclaves de maîtres arabo-berbères, dont ils partagent la culture) et afro-mauritanienne, généralement de langue maternelle d’ethnies subsahariennes.

Dans une conférence de presse en forme de bilan en toute fin de campagne, M. Ould Abdel Aziz a justifié le maintien en « détention administrative » de Cheikh Ould Mohamed Ould Mkheïtir, l’auteur d’un billet de blog jugé blasphématoire ayant pourtant purgé sa peine, cas emblématique de la liberté d’expression en Mauritanie pour les organisations de défense des droits humains. Ce dernier est détenu depuis plus de cinq ans, alors que sa condamnation à mort pour « apostasie » a été ramenée en appel à deux ans de prison en novembre 2017.

Le président sortant explique sa détention par « sa sécurité personnelle aussi bien que celle du pays », invoquant le risque de troubles. Mais une avocate du blogueur, Fatimata Mbaye, a qualifié ces propos de « choquants », appelant dans une déclaration à l’AFP le prochain président, quel qu’il soit, à considérer cette affaire comme « un dossier à régler le plus rapidement possible ».

Le Monde avec AFP

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Les Mauritaniens aux urnes pour une transition inédite

Les Mauritaniens votent samedi pour élire leur président, qui devra à la fois préserver la stabilité chèrement conquise par ce vaste pays du Sahel et en améliorer la situation économique et le bilan en matière de droits humains.

Les Mauritaniens sont appelés aux urnes samedi 22 juin pour désigner le successeur du président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz, qui ne peut se représenter et a apporté son soutien à l’ancien ministre de la Défense, Mohamed Ould Ghazouani, grand favori du scrutin.

Les bureaux de vote sont ouverts de 7 h à 19 h GMT et les premiers résultats sont attendus en début de semaine prochaine.

Ce scrutin doit marquer la première transition entre un président sortant et son successeur élu dans ce pays secoué par de nombreux coups d’État de 1978 à 2008.

Mais les cinq adversaires du candidat du pouvoir dénoncent une tentative de perpétuation du régime de Mohamed Ould Abdel Aziz et des risques de fraude.

Attentats jihadistes dans les années 2000

Arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2008, Mohamed Ould Abdel Aziz, qui était alors général, s’est ensuite fait élire en 2009, puis réélire en 2014 lors d’un scrutin boycotté par les principaux partis d’opposition.

Il a assuré la stabilité de ce pays de 4,5 millions d’habitants frappé dans les années 2000 par des attentats jihadistes et les enlèvements d’étrangers en menant une politique volontariste : remise sur pied de l’armée, surveillance accrue du territoire et développement des zones reculées.

Pour lui succéder au terme de ses deux mandats constitutionnels, le pouvoir a choisi comme candidat son compagnon de toujours Mohamed Ould Ghazouani, qui a été chef d’état-major pendant dix ans, puis quelques mois ministre de la Défense.

Mais celui qui apparaît comme son rival le plus sérieux, l’ancien chef de gouvernement de transition Sidi Mohamed Ould Boubacar (2005-2007), estime que « la majorité des Mauritaniens a envie de tourner la page de ces dix dernières années », dans un entretien à l’AFP.

Sidi Mohamed Ould Boubacar, « candidat indépendant », est soutenu par une large coalition comprenant le parti islamiste Tewassoul, principale formation d’opposition, ainsi que par le puissant et richissime homme d’affaires Mohamed Ould Bouamatou.

Tout comme les autres candidats de l’opposition, il a mis en garde contre les risques de fraude.

Société marquée par les inégalités

Les critiques de la Mauritanie se focalisent sur le respect des droits fondamentaux, dans une société marquée par des inégalités ainsi que des disparités entre communautés arabo-berbère, haratine (descendants d’esclaves de maîtres arabo-berbères, dont ils partagent la culture) et afro-mauritanienne, généralement de langue maternelle d’ethnies subsahariennes.

Mais dans une conférence de presse en forme de bilan en toute fin de campagne, Mohamed Ould Abdel Aziz a justifié le maintien en « détention administrative » de l’auteur d’un billet de blog jugé blasphématoire ayant pourtant purgé sa peine, cas emblématique de la liberté d’expression en Mauritanie pour les organisations de défense des droits humains.

Sur le plan économique, les prétendants ont promis une amélioration des conditions de vie, alors que la croissance, de 3,6 % en 2018, bien qu’en amélioration, reste insuffisante par rapport à la démographie, selon un rapport de la Banque mondiale publié en mai.

FRANCE 24 Avec AFP

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Mauritanie : le bilan en demi-teinte des deux quinquennats de Mohamed Ould Abdelaziz

Après deux mandats, le chef de l’Etat ne sera pas candidat à l’élection présidentielle du 22 juin, comme le veut la Constitution.

Longtemps, personne n’a voulu croire aux promesses de l’ancien putschiste. Il avait beau répéter – et cela depuis plusieurs années déjà – qu’il respecterait la loi, qu’il quitterait la présidence de la République islamique de Mauritanie à l’issue de son deuxième mandat, rien n’y faisait. Une question de confiance rompue, sans doute. L’opposition, évidemment, était convaincue que le tout puissant général – celui qui avait brutalement interrompu le 6 août 2008 la première transition démocratique – piétinerait de nouveau la Constitution.

Et pourtant. Mohamed Ould Abdelaziz, le rigide et cassant militaire, ne sera pas candidat à la présidentielle du 22 juin, après avoir remporté celles de 2009 et de 2014. On pourra inscrire à son bilan – en demi-teinte – qu’il fut, depuis l’indépendance de 1960, le premier chef de l’Etat mauritanien à transmettre le pouvoir à l’issue d’une élection pluraliste, à défaut d’offrir les mêmes chances aux candidats étrangers au pouvoir. Son successeur désigné par le parti dirigeant, Mohamed ould Ghazouani, fait ainsi figure de favori du scrutin face à cinq autres candidats.

Si l’ancien militaire a remisé son uniforme et ses rangers depuis sa première campagne électorale, ses deux mandats resteront marqués d’une forte empreinte sécuritaire qui a permis au pays de ne plus connaître d’attentats depuis 2010, malgré un environnement régional hautement instable. Lorsqu’il prend le pouvoir avec d’autres militaires en 2008, son pays est alors la cible d’opérations menées par des mouvements djihadistes descendus d’Algérie et regroupés depuis peu au sein d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI).

Plafonds de verre communautaires

Assauts contre des militaires, enlèvements d’étrangers, explosions de voitures piégées se succèdent. Parallèlement, des dizaines de Mauritaniens rejoignent les rangs des groupes armés établis au-delà des frontières, ces lignes virtuelles tracées, sur des milliers de kilomètres, dans les dunes d’un désert ouvert, notamment sur le Mali et l’Algérie, et alors franchies par des trafiquants en tous genres.

L’édifice tient, mais la restructuration de l’armée n’ira pas jusqu’à briser les plafonds de verre communautaires qui compartimentent dangereusement la société mauritanienne. « Les trente-quatre généraux mauritaniens sont des Maures, mis à part deux Haratines [descendants d’esclaves], aucun Noir », rappelle Baba Hamidou Kane, l’un des six candidats à la présidentielle de juin et représentant de la communauté négro-africaine. « En dix années de présidence, rien n’a changé alors qu’une gouvernance intelligente aurait dû lui permettre de faire un rattrapage », ajoute-t-il.

« Une situation sociale détériorée »

Car si le bilan économique des années Ould Abdelaziz a des aspects positifs, tout le monde, loin de là, n’en profite pas. Certes, un accord a été trouvé avec le Fonds monétaire international (FMI) en 2017 pour contenir un endettement qui frôle les 100 % du PIB. Des programmes de développement ont permis d’équiper ce pays désertique grand comme une fois et demie la France (pour 4 millions d’habitants) d’infrastructures (routes, ports, aéroports, électricité, eau). Les exportations de minerai de fer, de produits agricoles et d’élevage ont été relancées. La croissance, assez vigoureuse (4 %), devrait s’envoler avec le début de l’exploitation, d’ici à deux ans, du gisement gazier prometteur de Grand Tortue découvert au large de la Mauritanie et du Sénégal.

Maispour Biram Dah Abeid, le plus bruyant et virulent des opposants au chef de l’Etat, le cœur du pouvoir serait affaibli. « Le champ de redistribution de la manne financière s’est refermé sur un petit groupe autour du président, ce qui mécontente une partie de la communauté d’affaires pourtant issue du même groupe ethnique. Le système est usé, il ne protège même plus assez les siens. Il faut en changer sous peine de voir les revendications devenir plus véhémentes et violentes », affirme cet agitateur, passé plusieurs fois par les geôles du pouvoir contre lequel il se dresse.

Lutte contre la corruption des élites

Autre candidat de l’opposition à la présidentielle de juin, Sidi Mohamed Ould Boubacar partage cette analyse. « Le président a totalement négligé, pire oublié, l’aspect social du développement,affirme-t-il. L’école républicaine et l’accès à la santé ont été sacrifiés. Les services de base sont aujourd’hui inexistants ». Cet ancien premier ministre est soutenu par la branche mauritanienne des Frères musulmans, Tawassoul, principale formation de l’opposition qui s’est solidement enracinée sur le champ social déserté par l’Etat.

Car le sujet est sensible. Pour preuve, Abderrahmane Weddady et Cheikh Ould Jiddou, deux blogueurs bien connus pour dénoncer les atteintes aux droits humains dans leur pays, dorment depuis le 22 mars en prison. « Ils ont critiqué la corruption qui régnerait au sein du gouvernement dans des commentaires sur Facebook. Leurs allégations se fondaient sur des articles de presse, selon lesquels les Emirats arabes unis avaient gelé des comptes bancaires, dotés d’environ deux milliards de dollars américains [1,8 milliard d’euros], appartenant à des proches du pouvoir mauritanien », explique Amnesty International qui qualifie leur détention « d’illégale ».

« La stabilité de la Mauritanie à moyen terme ne repose pas seulement sur celle de l’appareil sécuritaire, des tribus ou de l’administration, mais également sur l’aspect social qui a été délaissé et crée un environnement explosif », s’inquiète un diplomate occidental en poste à Nouakchott. C’est surtout cela l’héritage que Mohamed Ould Abdelaziz laissera à son successeur.

Christophe Châtelot (Nouakchott, envoyé spécial)

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/06/21/mauritanie-le-bilan-en-demi-teinte-des-deux-quinquennats-de-mohamed-ould-abdelaziz_5479545_3212.html

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Mohamed Cheikh Ould M’Khaïtir est arrêté suivant une procédure extrajudiciaire, dit Aziz

Le Président Mohamed Ould Abdel Aziz a évoqué l’affaire de l’auteur de l’article  blasphèmatoire Mohamed Cheikh Ould M’Khaïtir au cours d’une conférence de presse organisée jeudi soir, 20 juin courant, en présence de médias publics et privés, nationaux et internationaux.

Mohamed Cheikh Ould Mkhaitir a été arrêté par décision administrative seulement, a-t-il dit, qualifiant cette arrestation de procédure extrajudiciaire.

Il a été arrêté pour des raisons multiples y compris sa sécurité personnelle, sachant que sa mise en liberté à l’époque était dangereuse pour la stabilité du pays et pour sa propre sécurité, a-t-il dit, rappelant sa responsabilité de garant de la sécurité des citoyens d’une part et les foules nombreuses et révoltées sorties à l’époque réclamant son exécution.

Plusieurs organisations internationales et Etats étrangers se sont enquis sur cette affaire, sans qu’on tienne compte de leur opinion, dés lors où ils ne comprennent pas nos valeurs et nos spécificités religieuses, a-t-il dit.

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Mauritanie : cinq opposants affrontent le candidat de l’Etat

Six candidats sont en lice pour le premier tour de l’élection d’un successeur à Mohamed Ould Abdel Aziz en Mauritanie le 22 juin 2019

Six candidats s’affrontent le 22 juin au premier tour de l’élection présidentielle en Mauritanie : un ancien général, compagnon d’armes du chef de l’Etat sortant Mohamed Ould Abdel Aziz, un ex-Premier ministre, un opposant historique, un dissident, un journaliste et un technocrate.

Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed, dit Ould Ghazouani


A 62 ans, ce militaire de carrière est largement crédité du succès de l’armée et des services de sécurité en Mauritanie, qui n’a connu aucun attentat jihadiste depuis 2011. Entré dans l’armée en 1978, c’est à l’Académie royale militaire de Meknès (Maroc) qu’il rencontre Mohamed Ould Abdel Aziz, avec lequel il a participé à deux putschs, en 2005 et 2008.

Originaire de la préfecture de Boumdeid (centre sud), chef-lieu traditionnel de la Chadhiliya, puissante confrérie musulmane soufie dont il est le fils du chef spirituel, il appartient à la tribu maraboutique des Ideiboussat connue pour sa richesse, sa discrétion et sa forte présence dans le pays.

Après le putsch contre le président Maaouiya Ould Taya (1984-2005), Ould Ghazouani est nommé directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), un poste stratégique qui permettra à ce spécialiste du renseignement militaire de développer ses réseaux. Il devient chef d’état-major peu avant le coup d’Etat de 2008 qui porte son ami au pouvoir, jusqu’à son départ de l’armée en octobre 2018, avant un passage au gouvernement comme ministre de la Défense, de novembre à mars 2019.

Ses adversaires affirment qu’il a été choisi par le président sortant pour assurer ses arrières lorsqu’il aura quitté le pouvoir. Mais des observateurs l’estiment largement capable de jouer sa propre partition. L’ancien général promet de ne « laisser personne au bord de la route », mais aussi de garantir la justice et les droits de l’Homme dans le pays.

Au cours d’une conférence de presse organisée jeudi soir, 20 juin courant, en présence de médias publics et privés, nationaux et internationaux, le Président a dit en termes très clairs :  » Mohamed Ghazouani n’acceptera jamais un rôle de marionnette, et moi je n’ai pas vocation à être un dirigeant de coulisses ».

Sidi Mohamed Ould Boubacar


Deux fois Premier ministre, en 1992-1996, puis comme chef de l’exécutif de transition (2005-2007), il est considéré, à 62 ans, comme le rival le plus sérieux du candidat du pouvoir et celui qui peut se prévaloir de la plus importante expérience gouvernementale.

Né à Atar (centre ouest), il se présente comme indépendant, mais bénéficie de soutiens de poids, allant du parti islamiste Tewassoul, principale formation d’opposition, au puissant et richissime homme d’affaires Mohamed Ould Bouamatou, en exil en Europe.

Il a également été ministre des Finances et plusieurs fois ambassadeur en France, en Egypte et aux Etats-Unis notamment.

Biram Ould Dah Ould Abeid


Président et fondateur de l’organisation anti-esclavagiste non reconnue Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), il fait régulièrement la Une des médias pour ses actions en faveur des descendants d’esclaves, communauté à laquelle il appartient. Ce militantisme lui a valu d’être détenu à plusieurs reprises. Biram Ould Dah Ould Abeid se targue d’ailleurs dans ses meetings d’être le seul candidat ayant connu la prison « au service de son peuple ».

Agé de 55 ans, il a été élu député en septembre grâce à une alliance avec un parti nationaliste arabe, reconduite pour ce scrutin. Déjà candidat en 2014, il était arrivé en deuxième position, avec seulement 9% des voix.

Historien formé aux universités de Nouakchott et Dakar, il est souvent associé à des rapports internationaux qui épinglent la Mauritanie sur le respect des droits de l’Homme.

Mohamed Ould Moloud


Ce professeur d’histoire à l’université de Nouakchott, 66 ans, incarne l’opposition historique dont le leadership revenait à Ahmed Ould Daddah, empêché par son âge de se représenter.

Député de l’Union des forces du progrès (UFP) gauche, dont il est le président, Mohamed Ould Moloud est soutenu par une coalition comprenant le Rassemblement des forces démocratiques (RFD) de Ould Daddah.

Il tente de rassembler les électeurs déçus par le président sortant et qui « refusent de plier l’échine et se résigner à suivre aveuglément les régimes militaires », selon ses propres mots.

Baba Hamidou Kane


Ce journaliste et docteur en communication s’était déjà présenté en 2009, recueillant moins de 2% des voix.

Candidat d’une coalition baptisée « vivre ensemble », Baba Hamidou Kane entend rééquilibrer les relations entre populations d’origine ou de culture arabo-berbère, et négro-africaines.

Elu député du RFD d’Ahmed Ould Daddah, il fut alors vice-président de l’Assemblée nationale sous le président Ould Taya.

Mohamed Lemine El-Mourteji El-Wavi


Ce haut fonctionnaire au Trésor mauritanien, 42 ans, expert comptable passé par l’Ecole nationale d’administration, est un nouveau venu sur la scène politique.

Il peut se prévaloir de son expérience au ministère des Finances et d’ex-directeur financier d’une entreprise de distribution des produits pétroliers.

avec
franceinfo et AFP