Participation responsable du Maroc aux travaux du 34ème Sommet de l’UA

Siège Union africaine dr e1608990108251
Siège Union africaine dr e1608990108251

L’ Union africaine (UA)tiendra les 6 et 7 février courant son 34ème sommet à Addis-Abeba, lequel consacrera l’entrée en fonction du chef de l’Etat congolais, Félix Antoine Tshisekedi, à la présidence tournante de cette organisation panafricaine. Selon Moussaoui Ajlaoui, expert associé à Ames-Center, il y a trois grands enjeux lors de ce sommet africain.


Le premier enjeu est lié, selon lui, à la lutte contre la pandémie deCovid19. Pour Moussaoui Ajlaoui, le Maroc plaide pour un dispositif africain de surveillance génomique par séquençage pour freiner la propagation de la pandémie de Covid-19 en Afrique. C’est ce qu’a affirmé le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, dans son intervention par visioconférence lors de la 38e session ordinaire du Conseil exécutif de l’UA.

Le chercheur marocain a, par ailleurs, affirmé que S.M le Roi Mohammed VI avait appelé, dès le début de la pandémie, à une gestion africaine de la crise. Il convient de rappeler que le Maroc, sur instructions Royales, avait envoyé l’année dernière des aides médicales, dansle cadre de la lutte contre la pandémie, à 15 pays africains appartenant à toutes les sous-régions du continent, à savoir le Burkina Faso, le Cameroun, les Comores, le Congo, Eswatini, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Malawi, la Mauritanie, le Niger, la République Démocratique du Congo, le Sénégal, la Tanzanie, le Tchad et la Zambie. Ces aides sont composées de près de 8 millions de masques, 900.000 visières, 600.000 charlottes, 60.000 blouses, 30.000 litres de gel hydroalcoolique, ainsi que de 75.000 boîtes de chloroquine et 15.000 boîtes d’azithromycine. Le deuxième enjeu a trait à la résolution des conflits dans le continent africain.« Sur ce point-là, le Conseil de paix et sécurité, que chapeaute l’Algérien Ismail Cherki, a échoué dans sa mission consistant à trouver des solutions aux foyers de tension et de conflit à Tigré en Ethiopie, dans la région du Sahel… ». La question des élections au sein de l’UA constitue également un enjeu majeur lors de ce sommet africain.« Si le poste de président de la Commission de l’UA est déjà assuré puisque Moussa Faki Mahamat est seul candidat à sa propre succession, la rivalité entre les pays fait rage quant aux autres postes comme celui de vice-président de ladite Commission ou ceux concernant la présidence des autres commissions », a souligné Moussaoui Ajlaoui dans une déclaration à Libé.
Selon cet expert, l’Algérie et ses pantins séparatistes tentent et tenteront de manœuvrer pour que l’UA reprenne l’initiative dans l’affaire du Sahara marocain, sachant que le sommet africain tenu à Nouakchott en juillet 2018 avait pris une décision à ce sujet réaffirmant l’exclusivité de l’ONU dans la recherche d’une solution politique à ce conflit artificiel autour du Sahara marocain. «Ces manœuvres vont de toute évidence tomber à l’eau», a affirmé Moussaoui Ajlaoui soulignant, par ailleurs, que «Ismail Cherki se prépare à retourner à son pays pour occuper le poste de ministre des Affaires étrangères dans le cas où les généraux algériens recourent à l’article 102 de la Constitution pour démettre le président Abdelmajid Tebboune (hospitalisé depuis des mois en Allemagne) et le remplacer par Ramtane Lamamra. C’est pour cette raison que, durant toute la période qu’il a passée à la tête de la Commission de paix et sécurité de l’UA, Ismail Cherki a servi avec zèle l’agenda et la politique hostiles des généraux algériens envers le Maroc et son intégrité territoriale ».
Par ailleurs, Nasser Bourita a affirmé dans une tribune publiée au magazine Jeune Afrique que «la décision des Etats-Unis de reconnaître la souveraineté pleine et entière du Maroc sur la totalité de son Sahara et d’affirmer un soutien sans ambiguïté à l’initiative marocaine d’autonomie n’a laissé personne indifférent. Elle a surpris certains et a conforté de nombreux autres dans leur opinion. Partout, elle a fait couler beaucoup d’encre. Elle a aussi conduit quelques uns à se faire un sang d’encre ».
Cette décision américaine n’est pas le fruit du hasard, car, d’après Nasser Bourita, «les Etats-Unis connaissent bien la genèse et l’évolution du dossier, ses dynamiques et enjeux. D’ailleurs, le cheminement, dont l’initiative d’autonomie est le fruit, est le résultat de consultations approfondies entre S.M le Roi et l’administration Clinton. Soumise en concertation avec l’administration Bush, républicaine, elle a ensuite été soutenue par l’administration Obama, démocrate. Ces administrations successives ont toutes apporté leur appui à l’autonomie comme solution à ce différend régional ».
Selon le responsable marocain, cette décision importante « est à mesurer au regard de la perspective de solution qu’elle offre à ce différend qui n’a que trop duré, pour nous rapprocher de la stabilité et de la sécurité durables dans un sous-continent hautement stratégique ».
Dans ce conflit artificiel, deux logiques se dégagent selon le diplomate marocain. Il y a, d’une part, la logique que défend le Maroc, basée sur la vision clairvoyante de S.M le Roi Mohammed VI «qui veut que l’avenir soit meilleur que le passé, et qui investit massivement pour le construire avec plus de 7 milliards de dollars sur dix ans rien que dans les provinces du Sud, répondant ainsi à la vision Royale de ne pas laisser les populations otages du processus politique qui s’enlise». Et il y a, d’autre part, la logique de ceux «qui privilégient le statu quo, voire le pourrissement, empêchant l’intégration économique régionale, menaçant la sécurité dans une région instable et faisant fi des conséquences humanitaires en jeu», en faisant allusion ici à l’Algérie, aux pantins du Polisario et à la minorité de pays qui soutiennent encore la chimérique RASD.
T.M

Libération le 05 – 02 – 2021

SourceURL: https://www.maghress.com/fr/liberation/123543

Publié le
Catégorisé comme Maroc