Président de FNAR : Nécessité de mesures alternatives d’urgence pour les bureaux de change

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Rédigé par Mamady SIDIBE le Vendredi 30 Avril 2021

Pour le Président de la Fédération Nationale des Associations Régionales des Bureaux de Change, El Yamlahi Abdeslam, l’atonie dans le secteur nécessite une nouvelle approche, à travers des mesures innovantes pour instaurer un équilibre devant mettre fin à la concurrence déloyale entre banques et Bureaux de change.

L’Office des changes vient d’annoncer une dotation spéciale. Quelle est votre analyse à ce sujet ?

Pour nous, c’est toujours le statu quo. En effet, depuis avril 2020, nous avons sollicité l’Office des changes pour l’élargissement du champ de notre activité dans les opérations de paiement et de transfert tout en gardant notre agrément « A ». Ceci dans le but de relancer notre activité pendant la pandémie et pour lequel il avait donné son accord de principe depuis Juillet 2020 à condition de présenter des conventions de partenariat avec des établissements de paiement. Chose qui a été réalisée en septembre 2020 de la même année. Malheureusement, nous avons été surpris d’apprendre, après cinq mois, que nous devrions convertir notre agrément en catégorie « C ».

Cette situation va-t-elle changer la donne dans l’activité des Bureaux de change ?

Effectivement, cela va entrainer la perte de notre auto-nomie financière, commerciale et administrative pour devenir un agent rattaché à nos concurrents que sont les établissements de paiement. L’explication avancée est que cette décision revient à Bank Al Maghrib et non à l’Office des changes qui est notre administration de tutelle, lequel doit veiller à la survie de ce secteur vital pour l’économie du pays.

Puisque notre activité contribue à la collecte d’environ 80 % des devises en billets de banques qui sont versées exclusivement dans les caisses des banques privées assorties de conditions. Lesquelles ont été fixées par la Décision de BAM N° 1/W/18 du 12/01/2018, lors de la mise en application du système de flexibilité du dirham.

A ce sujet, peut-on parler de concurrence déloyale ou tout simplement la nécessité d’établir un équilibre ?

Tout à fait car nous avions la possibilité de verser nos excédents en devises auprès des guichets de Bank al Maghrib à un cours plus intéressant sur le même pied d’égalité avec nos concurrents banquiers. Cette possibilité a été supprimée depuis 2009 par BAM pour des raisons que nous ignorons et nous n’avions pas cessé vai-nement de réclamer dans le cadre du respect des règles de concurrence loyale.

L’espoir est-il permis pour une nouvelle dynamique dans le secteur ?

En effet, lors de la dernière réunion tenue à l’Office des changes, il nous a été promis d’étudier la possibilité de nous accorder des facilités à travers les opérations du cash-advance (dépannage des touristes étrangers porteurs de cartes), tout comme pour les cartes rechargeables en devises après accord des banques. L’Office nous a également promis la possibilité d’ouvrir des comptes en devises auprès des banques après accord de BAM ainsi que des dotations « Al Omra », voyages d’affaires, frais médicaux.

Cependant, tout en sachant que même en cas de réalisation de ces promesses, dont nous n’avons aucune suite à ce jour, nos adhérents ont besoin de mesures d’urgence d’alternative pour relancer la machine pendant cette période d’atonie liée à Covid-19. Sachant que toutes ces opérations ne peuvent rien rapporter tant que le tourisme étranger n’a pas encore repris sa vitesse de croisière.

Source : lopinion.ma

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