«Monsieur le maire,
Si monsieur Thiam Ousmane Aly, votre prédécesseur s’est rendu coupable de corruption, pourquoi avoir attendu que l’on vous critique sur votre démarche politique pour le dénoncer? Encore une fois, vous êtes maire, et au nom du respect dû à vos administrés et de leurs intérêts, estez en justice et je serai le premier à vous apporter mon soutien contre mon propre camarade de parti, pour que clarté soit faite sur cette affaire…

Ce qui est troublant c’est qu’au lieu de ça, votre réponse soit de rejoindre le camp des plus grands corrompus de la République… A moins que vous nous fassiez croire encore que l’homme qui fait sa campagne avec les moyens de l’état est clean à vos yeux…

Votre incorruptibilité que je suis bien prêt à vous accorder au nom de la présomption de bonne foi n’a de conséquence que si elle se prolonge par une détestation de la corruption, donc par une action judiciaire. Et surtout monsieur Soumaré, par hygiène politique, éloignez-vous de ceux dont la corruptibilité ne fait aucun doute dans l’esprit des mauritaniens. Encore une fois soyez conséquent avec ce que vous dites de vous-même. C’est tout ce qu’on vous demande: de la cohérence. 

Par ailleurs ce qui est battu en brèche, c’est l’argument fallacieux et ridicule de l’entrisme politique que vous brandissez au nom de l’intérêt de vos administrés. Vous êtes libre de soutenir Ghazouani, mais de grâce ne nous faites pas l’insulte de nous faire croire que c’est au nom de votre commune. Vous oubliez que Sebkha a été dirigé par les amis de Ghazouani que vos administrés ont chassés pour inefficacité et pour corruption aussi? Vous oubliez que les populations de Sebkha vous ont porté à la tête de la municipalité contre des gens plus proches de Ghazouani que vous? Non monsieur Soumaré, votre excuse n’opère pas, même si cela ne vous enlève pas le droit en tant que citoyen et homme politique de soutenir qui vous chante.

Le mépris de classe que vous objectez à ceux de la diaspora qui ont osé critiquer votre choix politique en les présentant comme vivant de minima sociaux et soignés gratuitement en dit long sur votre difficulté à vous sortir de votre impasse argumentaire. Quant à l’attaque sur « les rebelles virtuels » dont le soutien sur la toile ne vous fut pas insupportable d’ailleurs au moment des municipales, je la mets sur le compte de la facilité. Vous n’êtes pas le premier à l’utiliser contre des gens qui se sont engagés sur le terrain avant vous et qui prolongent honorablement leur combat de là où ils sont. En leur nom je vous dis qu’ils en sont fiers!»

Bocar Oumar BA.