Sahara occidental: le Polisario affirme que «la guerre a commencé»

Le Front Polisario a affirmé vendredi 13 novembre que «la guerre a(vait) commencé» au Sahara occidental et que les forces indépendantistes répliquaient à l’armée marocaine qui a déclenché une opération militaire dans la zone tampon de Guerguerat, près de la Mauritanie.

«C’est une agression. Les troupes sahraouies se retrouvent en situation de légitime défense et répliquent aux troupes marocaines qui essaient de continuer leurs marches en dehors du mur de défense qui constitue la ligne de démarcation», a déclaré Mohamed Salem Ould Salek. «La guerre a commencé. Le Maroc a liquidé le cessez-le-feu» signé en 1991, a ajouté le ministre.

Un mur de défense construit par le Maroc, qui sert de ligne de démarcation, sépare les belligérants sahraouis et marocains depuis

l’accord de paix de 1991. Ce mur est bordé de chaque côté par une zone tampon de cinq kilomètres de large sous la responsabilité de l’ONU.

Le Polisario avait averti dès le 9 novembre «que l’entrée de tout élément militaire, sécuritaire ou civil marocain» à Guerguerat, qui borde une zone tampon contrôlée par les Casques bleus de la Mission des Nations unies au Sahara occidental (Minurso), serait «considérée comme une agression flagrante, à laquelle la partie sahraouie répliquera énergiquement, en légitime défense et en défendant sa souveraineté nationale».

Le Maroc a annoncé ce vendredi avoir lancé une opération militaire dans cette région, en dénonçant «les provocations du Polisario» au Sahara occidental, dans un contexte de tensions croissantes autour de l’ancienne colonie espagnole au statut toujours indéfini. Environ 200 routiers sont bloqués par le Polisario depuis trois semaines au poste-frontière de Guerguerat, selon Rabat. Le but de l’opération est de «mettre un terme à la situation de blocage» et «restaurer la libre circulation civile et commerciale» sur la route qui conduit vers la Mauritanie, a précisé un communiqué des Affaires étrangères marocaines. Les indépendantistes sahraouis dénoncent l’existence de la route en question, que le Maroc considère comme essentielle pour ses échanges avec l’Afrique subsaharienne.

Le Figaro avec AFP