Sommet du G5: Rabat présente en force au Sahel

pjd el otmani
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16 Février 2021 par Wissam El Bouzdaini

Malgré les coups bas d’Alger à son encontre, le Maroc continue de faire acte de présence dans la région sahélienne. Avec, qui plus est, la bénédiction des chefs d’États locaux.

N’en déplaise à la junte algérienne, qui souhaite le couper totalement de la région, le Maroc est un pays qui compte dans le Sahel.

Preuve en est sa présence ce lundi 21 février 2021 à Ndjamena, et ce sur la propre initiative des chefs d’États sahéliens, au dernier sommet du G5, organisation créée le 16 février 2014 et qui compte le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad.

Le Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, a ainsi représenté le Royaume à l’événement, donnant notamment un discours rappelant l’engagement “politique, économique, social, intellectuel et humain” de Rabat envers les pays concernés dans leur lutte contre le terrorisme, raison d’être principale du G5. “Nous ne sommes pas et nous n’avons jamais été spectateurs de ce qui se passe au Sahel.

Comme vous, nous ne nous le permettons pas. Nous sommes solidaires de nos amis, les pays de la région, pour contrer cette menace qui nous touche directement,” a souligné M. El Othmani. Il faut dire que s’il n’est pas présent militairement dans la région, en dehors de l’hôpital de campagne déployé en 2013 par les Forces armées royales (FAR) au Mali, le Maroc n’en reste pas moins actif dans le Sahel, notamment au plan du renseignement.

Le directeur général de la Direction générale des études et de la documentation (DGED), Mohamed Yassine Mansouri, avait à cet égard donné fin septembre 2014 au Comité contre la torture (CTC) des Nations unies un bilan fort exhaustif, révélant par exemple que les autorités marocaines avaient directement pris part au démantèlement des organisations jihadistes de Fath Al Andalous en 2008, Al Mourabitoune Al Joudoud en 2009 et Amgala en 2011. On sait aussi, de différentes sources, que le Maroc avait été d’une grande aide à la France au moment où celle-ci mettait en place, en janvier 2013, l’opération Serval pour libérer le Nord-Mali de ces mêmes organisations.

Dignitaires religieux
De nombreux dignitaires religieux sahéliens ont par ailleurs eu l’occasion de suivre, au cours des six dernières années, l’enseignement de l’Institut Mohammed-VI pour la formation des imams, morchidines et morchidates inauguré fin mars 2015 à Rabat, et certains font, en outre, partie de la Fondation Mohammed-VI des oulémas africains lancée la même année -le 1er juin 2015- par le roi Mohammed VI. Car l’implication du Maroc ne s’arrête pas au volet sécuritaire pur mais englobe également le champ de l’encadrement religieux.

Et même militaire: également dans son discours, M. El Othmani a affirmé que “le Maroc continuera à apporter son soutien à la mise en place du collège de Défense du G5-Sahel à Nouakchott, et à former les officiers originaires des pays frères du Sahel dans ses instituts de formation militaire”. Alger, qui a fait des mains et des pieds pour que le Maroc ne soit plus présent au Sahel, le président algérien Abdelmadjid Tebboune allant même jusqu’à l’accuser de “manoeuvrer” et de “conspirer” au Mali, ne doit bien évidemment pas goûter. Mais tant pis pour elle.

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