Soixante personnes ont été tuées depuis lundi, date de la dispersion sur ordre du Conseil militaire du sit-in devant le QG de l’armée à Khartoum.

Le bilan de la répression s’est de nouveau alourdi. Au moins soixante personnes ont été tuées depuis la dispersion du rassemblement emblématique de milliers de manifestants, qui réclamaient depuis des semaines le transfert du pouvoir aux civils. Le comité des médecins soudanais accuse les « milices du conseil (militaire) (…) d’être responsables de ce massacre ». La contestation juge ainsi que les Forces de soutien rapide (RSF) sont les principaux auteurs de la dispersion par la force du sit-in devant le QG de l’armée lundi.

Des images amateurs filmées durant la dispersion montrent des manifestants, essentiellement des jeunes, courant pour fuir les balles tirées de loin. Dans leur course, certains transportent péniblement des blessés.

« La situation pire que jamais »

« La situation est maintenant pire que jamais », a condamné l’Association des professionnels soudanais (SPA), clé de voûte de la contestation. « Nous appelons tous les États et les organisations à isoler et à cesser de traiter avec le soi-disant Conseil militaire », a déclaré la SPA dans un communiqué, dénonçant des « crimes contre l’humanité ».

Après la répression du sit-in, le mouvement de contestation a décidé de rompre « tout contact » avec le Conseil militaire et demandé aux Soudanais de continuer les « marches pacifiques ». Le mouvement a également rejeté l’appel à des élections par les militaires au pouvoir.

Condamnation diplomatique

Cette répression menée par les militaires a été vivement condamnée à l’étranger. En particulier par l’ONU, les États-Unis et la Grande-Bretagne. Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni à huis clos en urgence, mardi, à la demande de l’Allemagne et du Royaume-Uni. Un communiqué appelant les militaires et les manifestants au Soudan à « continuer à travailler ensemble vers une solution consensuelle » a été présenté, mais l’initiative a été bloquée par la Chine et par la Russie.

Dans un communiqué commun, les États-Unis, le Royaume-Uni et la Norvège ont estimé que « le peuple soudanais mérite une transition dans le calme, menée par des civils, qui puisse établir les conditions pour des élections libres et justes, plutôt que d’avoir des élections hâtives imposées ».

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