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Politique de deux poids, deux mesures ?

Certains journalistes ont mis à profit le dîner que leur a offert le président de la République pour exposer les cas de deux de leurs confrères, victimes de licenciement abusif de la part l’agence mauritanienne d’information (AMI), sous le magistère d’Ould Abdel Aziz. Et A en croire les compte-rendus des organes de presse, le président de la République a promis, voire même ordonné le règlement rapide de la situation de ces journalistes. Cette décision intervient après le rétablissement dans ses droits d’Abdallahi Ould Mohamed Haimer, renvoyé pour avoir dénoncé le peu de cas fait par l’ancien PM, Ould Hademine des passagers bloqués sur la route de l’espoir à cause d’un camion accidenté. Elle intervient également après la levée de toutes les  mesures judiciaires  ayant frappé les hommes d’affaires Ould Bouamatou, Ould Chaavi et Ould Debagh, contraints à l’exil pour leur opinion.

Si on peut se féliciter et  féliciter le président de la République de ses gestes  ayant rétabli  des victimes d’injustices dans leur droit, on ne peut pas ne pas rappeler qu’ils ne sont pas seuls à avoir souffert  de l’arbitraire du régime d’Ould Abdel Aziz.

Outre Aminata Bâ, employée de la CDD et  renvoyée pour avoir refusé de céder ses parts au niveau du célèbre portail cridem.org, et indirectement pour la proximité de son père, Bâ Houdou Abdoul  d’avec l’homme d’affaires Ould Bouamatou, opposant farouche au  régime d’Ould Abdel Aziz, d’autres mauritaniens continuent à courir derrière plusieurs droits spoliés. On peut citer le cas des fonctionnaires et agents, victimes des événements de 1989, des citoyens dont les terres cultivables, des maisons et terrains ont été confisqués à cette époques, des veuves  et  rescapés militaires qui courent derrière  la normalisation des maigres pensions que Ould Abdel Aziz a bien voulu leur octroyer, les artistes Oulad Leblad,  des hommes et des femmes victimes d’exploitation, sous toutes ses formes, des hommes d’affaires mauritaniens dont les activités ont pâti à cause de leur positionnement politique par rapport au régime d’Ould Abdel Aziz…Le président des FPC, Samba Thiam, inspecteur de l’enseignement de son état, continue à courir derrière sa pension depuis qu’il est rentré d’exil en 2013, alors que tous ses compagnons d’infortunes ont profité de leur droit à la retraite.

Tout ce monde là ne doit pas être oublié par la presse, les partis politiques et les défenseurs des droits de l’homme, ils doivent tous profiter de toutes les occasions pour plaider la cause de ces victimes d’injustice, faute de quoi, ils contribueront à la politique de deux poids, deux mesures. Ould Ghazwani s’est engagé, le 1er mars 2019, lors de son discours d’investiture, à rétablir toutes les victimes d’justices dans leurs droits. Un gros challenge pour le successeur d’Ould Abdel Aziz qui ne manque certainement pas de noter la multiplication des sit-in de revendication devant son palais.

lecalame.info