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Coronavirus – Sénégal : 142 cas ont été déclarés positifs, dont 27 guéris et 115 encore sous traitement

COMMUNIQUE DE PRESSE

Coronavirus – Sénégal : 142 cas ont été déclarés positifs, dont 27 guéris et 115 encore sous traitement

DAKAR, Sénégal, 29 mars 2020/ — Ce Dimanche 29 Mars 2020, le Ministère de la Santé et de l’Action Sociale a reçu les résultats des examens virologiques ci-dessous :

– sur 151 tests réalisés, 12 sont revenus positifs. 11 s’agit de :

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Rosso : des concertations pour permettre l’entrée des personnes bloquées au Sénégal

Le correspondant de Sahara Medias à Rosso a révélé que des concertations sont actuellement en cours entre les autorités sénégalaises et mauritaniennes afin de permettre l’entrée de ressortissants mauritaniens bloqués à Rosso Sénégal et leur mise en quarantaine.

La source administrative, citée par notre correspondant et ayant voulu garder l’anonymat, ajoute qu’une réunion a regroupé ce mardi les autorités administratives consacrée à cette question et qu’il est prévue qu’elle décide la prise de toutes les mesures pour permettre l’entrée au pays de ces mauritaniens et leur mise en confinement dans des conditions appropriées.

Notre correspondant, citant d’autres sources, a déclaré que les autorités mauritaniennes ont entamé le recensement de citoyens sénégalais bloqués à Rosso Mauritanie dans la perspective de leur permettre de se rendre dans leur pays, en concertation avec les autorités sénégalaises.

Cependant une autre source sécuritaire a affirmé à notre correspondant qu’aucune instruction ne leur est encore parvenue en ce sens et qu’il a été signifié aux sénégalais se trouvant du côté mauritanien l’interdiction de rassemblements.

D’autres sources qui se sont confiées à Sahara Medias privilégient la prise d’une décision à propos de l’entrée au pays des mauritaniens bloqués au Sénégal ce mardi.

Notre correspondant citant des sources locales a révélé que les autorités à Rosso ont ordonné l’évacuation d’hôtels privés dans la ville et annulé des activités officielles qui étaient prévues ce mardi, des mesures qui pourraient être prises en perspective de la mise en quarantaine de personnes attendues dans la ville.

Selon notre correspondant l’entrée à Rosso de ces mauritaniens bloqués au Sénégal serait tributaire d’un ensemble de mesures dont la préparation des lieux pour leur confinement et les bus chargés de les y acheminer.

Des dizaines de mauritaniens à majorité des étudiants, bloqués depuis deux jours en territoire sénégalais, avaient lancé un appel aux autorités mauritaniennes pour leur permettre d’entrer au pays se déclarant disposé à se soumettre au confinement obligatoire pendant 14 jours.

La situation de ces mauritaniens s’est davantage détériorée depuis que les autorités sénégalaises avaient déclaré lundi soir l’état d’urgence dans le pays.

Sahara Médias

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L’opposition Au Palais :Macky En 2020 Comme DIOUF En 89

Tous les leaders de l’opposition invités ont répondu à l’appel du chef de l’Etat qui a déclaré la guerre au Covid-19. Et tous, ont réaffirmé leur engagement à se battre aux côtés de Macky Sall pour gagner cette guerre.

L’opposition parlementaire a décidé de faire bloc autour du président de la République qui a déclaré la guerre au coronavirus. Khalifa Sall, Ousmane Sonko, Idrissa Seck, Pape Diop, Mamadou Lamine Diallo, Issa Sall, Pape Diop, Cheikh Bara Dolly Mbacké, Mansour Sy Djamil, etc se sont entretenus, hier, avec le chef de l’Etat, au palais de la République. Ils ont été reçus séparément, mais tous les entretiens avec Macky Sall ont porté sur la pandémie du coronavirus et des mesures prises pour tenter de l’endiguer. Et tous les opposants ont exprimé leur désir de se battre aux côtés de Macky Sall pour gagner cette guerre. C’est dire que le coronavirus est en train de réussir ce que Macky Sall cherche depuis des années, rassembler toute l’opposition autour d’une question. Il n’a jamais réussi à le faire ni avec son dialogue politique encore moins avec son dialogue national. En effet, toute l’opposition, sans exception, même ceux qui boycottent le dialogue national comme Idrissa Seck, Ousmane Sonko, le Pds, Mamadou Lamine Diallo, etc ont répondu à son appel pour bouter le coronavirus hors du pays.

Une union sacrée autour du président de la République qui ressemble à bien des égards à la situation de 1989 et la crise entre le Sénégal et la Mauritanie. Abdou Diouf, le président de la République de l’époque, avait réussi une union autour de sa personne, tous les leaders politiques de l’époque avaient répondu favorablement, ce qui avait abouti à la formation d’un gouvernement de majorité présidentielle élargie avec l’entrée au gouvernement des opposants. Abdoulaye Wade, alors chef de l’opposition, devint ministre d’État auprès du président de la République, Amath Dansokho ministre de l’Habitat,  Jean Paul Dias, ministre de l’intégration ouest-africaine et Ousmane Ngom à la Santé. Ce gouvernement avait permis à Diouf de faire d’une pierre deux coups : s’assurer le soutien de l’opposition dans la crise avec le voisin du nord mais et surtout mettre fin à la contestation et les violences nées de l’élection présidentielle de 1988 fortement contestée par Wade qui revendiquait la victoire. Mais il est très peu probable que ces audiences débouchent sur la formation d’un gouvernement d’union nationale. Et pour cause, Macky Sall est théoriquement à son deuxième et dernier mandat par conséquent, Ousmane Sonko, Idrissa Seck, Khalifa Sall, Karim Wade, etc n’ont aucun intérêt à compromettre leurs chances en entrant dans gouvernement en fin de règne.

«Nous avons dit au Président notre volonté de l’accompagner dans cette guerre», déclare Malick Gakou, le leader du Grand parti. «J’ai dit au Président Macky Sall que nous adhérons totalement aux mesures qu’il a prises», affirme Issa Sall du Pur après sa rencontre avec Macky Sall. «L’appel du président de la République à tous les Sénégalais sans exception parce que la maladie concerne tout le monde. On n’a pas de vaccin et les mesures prises sont préventives. Nous devons donc travailler ensemble pour combattre cette maladie. Nous pensons aussi à nos parents de la diaspora et nous sommes satisfaits des mesures prises les concernant parce qu’ils envoient de l’argent à leurs parents restés au Sénégal», déclare Idrissa Seck.

«Nous disons notre soutien à ceux qui sont dans les liens de la détention parce que ce sont des lieux où la mobilité est réduite. Dire aussi que si c’est le pays, nous dépassons un certain nombre de contingences pour être plus efficace dans la lutte. J’invite aussi à beaucoup d’unité, à plus de responsabilité, à plus d’unité à un changement de comportement dans nos actes. Aujourd’hui, c’est l’individu qui est touché et c’est presque toute la machine économique qui est à terre. Nous voulons aussi féliciter le gouvernement pour les mesures prises et lui assurer de notre soutien parce que c’est tous ensemble que nous pourrons venir à bout du coronavirus», déclare Khalifa Sall, l’ancien maire de Dakar. «J’ai répondu à cette invitation, parce que nous considérons que les moments que nous vivons sont particulièrement graves et qu’ils doivent appeler chacun de nous au sens de la responsabilité et surtout au dépassement par rapport aux convictions que chacun de nous peut avoir. L’Etat a la prérogative et la priorité de la gestion de cette crise, mais c’est une crise qui interpelle tous les Sénégalais. Et donc, nous n’avons pas attendu cette audience pour donner notre point et considérer que les mesures prises jusqu’ici allaient dans le bon sens. C’étaient les mesures qu’il fallait prendre. Notre seule présence ici suffit à démontrer que l’heure est grave et c’est pourquoi nous continuons à lancer un appel aux Sénégalais à rester vigilants et surtout à suivre strictement les consignes données parce qu’elles sont faites pour leur bien. Il s’agit de sauver des vies, ce n’est pas un jeu. Aujourd’hui, on voit des milliers de morts partout à travers le monde et tout le monde est exposé à cette maladie. Il est donc important que tous les Sénégalais le comprennent», affirme pour sa part Ousmane Sonko, le leader de Pastef.

Charles Gaïky DIENE

Wal Fadjri

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Urgent -Couvre feu annoncé au Sénégal « C’est faux »

Les autorités sénégalaises commencent à prendre des mesures beaucoup plus strictes sur la situation du Covid-19. 

Selon la Télévision Futurs Médias (TFM), le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye, vient d’annoncer un couvre-feu pour éviter la propagation du virus.Cette information parut dans les réseaux sociaux est fausse.

Selon la TFM qui donne l’information que Sanslimitesn.com a exploité,le couvre feu annoncé sur Dakar et l’ensemble du territoire n’aura pas lieux.C’est plutôt la Mauritanie voisine qui avait pris cette mesure pour lutter contre le covid19.

Honoré De Balzac

A propos Honoré de Balzac 

Honoré De Balzac Rédacteur web et spécialiste des questions politiques et économiques, je suis passionné des analyses et études de la géopolitique sénégalaise et La Africaine.Je vous invite à visiter mes articles et réflexions qui touchent surtout l’actualité politique et judiciaire au Senegal.


sanslimitesn.Com

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Coopération, politique et faits de société à la Une au Sénégal

le président Macky Sall à Nouakchott, ce lundi.
le président Macky Sall à Nouakchott, ce lundi.

APA-Dakar (Sénégal) Par Edouard Touré
La presse sénégalaise reçue, lundi à APA, traite de la visite du Secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, à Dakar, de la politique et des faits de société.

« Le Sénégal selon Mike Pompeo, le Secrétaire d’Etat américain : C’est un havre de démocratie », titre le quotidien national Le Soleil, informant que Dakar et Washington ont profité de cette visite pour signer cinq mémorandums d’entente et que les USA ont assuré de leur soutien à l’Afrique dans la lutte contre le terrorisme.

Dans sa coopération avec les USA, L’As rapporte que « le Sénégal bénéficie d’un second compact (du MCA) de 550 milliards f cfa ».

Dans Vox Populi, Amadou Bâ, chef de la Diplomatie sénégalaise affirme, à côté de son collègue américain : « Nous sommes sous la menace, mais nous sommes préservés ».

« Coopération Dakar-Washington-2 Etats Unis », titre Le Quotidien, dans lequel journal Pompeo promet : « Nous allons maintenir notre présence militaire ».

S’agissant des infrastructures, ce journal informe que « l’autoroute Dakar-Saint-Louis, la centrale électrique Gti,… (sont) confiées à des entreprises américaines ».

Toutes choses qui poussent EnQuête à parler de « retour en force des Américains » au Sénégal, notant que la visite du Secrétaire d’Etat américain a été fructueuse pour l’économie nationale avec la signature de cinq mémorandums d’entente dans les secteurs de l’énergie, la santé et l’éducation.

« Il est prévu le relèvement du plateau médical dans tous les hôpitaux du Sénégal », annonce EnQuête qui, à propos de la mort suspecte de Lamine Koita, conducteur de moto à Fatick (centre), informe que le Procureur ouvre une information judiciaire ».

« Affaire Lamine Koita-Le Procureur de Fatick annonce l’ouverture d’une information judiciaire », renchérit L’AS.

Pendant ce temps, Vox Populi titre : « Disparition et réapparition de sa fille : Mélodrame autour de Mame Mactar Guèye (de l’Ong Jamra) ».

Nos confrères expliquent comment Fatou Bintou a été ramenée chez elle 24 heures après sa disparition. « Prétendument retrouvée dans une auberge : Colère noire du vice-président de Jamra après la sortie jugée précipitée et suspecte de la police qui interroge le téléphone de la fille et poursuit ses auditions aujourd’hui », poursuit Vox Populi.

A sa Une, Sud Quotidien donne la parole à Robert Sagna, Coordonnateur du GPRC (Groupe de recherche pour la paix en Casamance, sud, qui affirme : « La guerre est finie, mais la paix n’est pas là ».

La proposition de nomination du maire de Dakar par Décret présidentiel revient dans Sud Quotidien qui écrit que le vice-président de l’Assemblée nationale, Moustapha Cissé Lô dit niet.

« Sortie sur la situation en Guinée Bissau-Sonko rabroue Macky », titre Walf Quotidien, annonçant le président Macky Sall à Nouakchott, ce lundi.

« Flot de critiques sur ses communications-Macky Sall agace », titre L’As.

En sport, Stades fait état de « retour gagnant de Mané » qui a marqué, ce week-end, son 100ème but en Angleterre. « Le sauveur avec son 12ème but en Premier League. Sadio et les Reds peuvent être sacrés dès le 21 mars. Liverpool imperturbable avant Atlético, ce mardi », explique ce quotidien sportif.

« 100ème but en Premier League-Sadio rapproche Liverpool du sacre », poursuit Record.

APA

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Conflit ethnique de 1989 : 14 000 réfugiés mauritaniens vivent encore au Sénégal

Par Jacques Deveaux – Rédaction Afrique – France Télévisions
Mis à jour le 15/02/2020 – 17:58 – publié le 15/02/2020 – 17:58

Le 29 janvier 2008, un premier groupe de réfugiés traverse le fleuve Sénégal, de retour en Mauritanie. (NORMAND BLOUIN / X02445)
Le 29 janvier 2008, un premier groupe de réfugiés traverse le fleuve Sénégal, de retour en Mauritanie. (NORMAND BLOUIN / X02445)

Sans papiers pour justifier leurs origines ou demander la citoyenneté sénégalaise, une population apatride vit sur les rives du fleuve Sénégal.

En avril 1989, un différend frontalier entre la Mauritanie et le Sénégal avait dégénéré en violences intercommunautaires. Plus de 60 000 Mauritaniens avaient alors fui vers le Sénégal et le Mali. En fait, le conflit a servi de prétexte à une vaste épuration ethnique en Mauritanie. Les classes dirigeantes arabes et berbères ont expulsé manu militari la population noire d’origine peule. D’une pierre deux coups : d’une part, le pouvoir a éliminé une opposition militante bien représentée chez les fonctionnaires et, d’autre part, a mis la main sur des terres très convoitées le long du fleuve Sénégal. Un fleuve que la population noire a été priée de traverser au plus vite.

Au moment de l’exil, cette population s’est dispersée sur l’autre rive, le long de la vallée du fleuve Sénégal, sur 280 sites. De tous temps, les populations de chaque côté de cette frontière naturelle ont tissé des liens, d’où le nombre important de ces points de chute, souvent liés à des liens familiaux.

Pas de terres à cultiver
Aujourd’hui, et malgré les opérations de rapatriement, ils sont encore plus de 14 000 Mauritaniens à vivre dans des camps au Sénégal et autant au Mali.

Parmi ceux qui sont retournés au pays, des milliers vivent dans une situation très précaire, malgré l’accord de rapatriement signé en 2007. Le programme piloté par le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) a permis le retour de plus de 24 000 Mauritaniens et s‘est achevé en 2012.

Il prévoyait des actions de réinsertion « dans les domaines du logement… ainsi que dans le cadre de projets agricoles ou d’élevage et de programmes générateurs de revenus », comme l’expliquait alors le HCR. Pourtant, tous n’ont pas été rétablis dans leurs droits. Certains, notamment, n’ont pas pu récupérer de terres et vivent dans un grand dénuement.

Sans papiers
Les 14 000 Mauritaniens qui sont encore au Sénégal ne sont pas mieux lotis. Ils vivent dans des camps de réfugiés, notamment celui de Thiabakh dans la ville de Richard-Toll, au bord du fleuve Sénégal. Plusieurs milliers souhaiteraient acquérir la citoyenneté sénégalaise, ce qui n’est pas si simple, de l’aveu même du HCR. « Il s’agit de constituer les documents et c’est un problème épineux parce que la plupart d’entre eux sont arrivés sans aucun document. Certains ont aussi eu des enfants qu’ils n’ont pas déclarés », reconnaît la représentante de l’organisme onusien.

Quant à la vie quotidienne, c’est un combat de tous les jours. « Depuis que je suis enfant, je vis dans la pauvreté, sans travail, sans soutien », confie une réfugiée âgée de 30 ans à Amandla Thomas-Johnson, journaliste du site internet Middle East eyes.

Une vie de misère
Les aides de la Croix-Rouge et celles des Nations unies n’étaient pas éternelles. Et sans elles, la vie s’est très vite avérée une épreuve. Les terres ne donnaient rien. Et faute d’argent, les enfants n’ont pas été, ou très peu, scolarisés. L’engrenage classique de la misère.

Le peu de travail qu’il y a, les hommes vont le chercher dans une plantation privée à des heures de marche. Selon le bon vouloir des responsables, ils peuvent ou non, couper de l’herbe ou ramasser du bois mort qu’ils vendront pour une misère.

Régulièrement les associations de défense de ces réfugiés tirent la sonnette d’alarme. Elles réclament en particulier l’obtention de papiers pour tous. Beaucoup sont en effet en situation irrégulière et ne peuvent donc pas chercher un travail. Quant à ceux qui veulent rentrer en Mauritanie, faute de papiers, leur citoyenneté ne leur est pas reconnue.

francetvinfo

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Déportés négro-mauritaniens: «Nous sommes les Palestiniens de l’Afrique»

Des réfugiés négro-mauritaniens observent une grève de la faim le 19 juin 2012 à Dakar, au Sénégal, pour dénoncer leur situation insupportable. (Photo/C.O.R.M/Sénégal)
Des réfugiés négro-mauritaniens observent une grève de la faim le 19 juin 2012 à Dakar, au Sénégal, pour dénoncer leur situation insupportable. (Photo/C.O.R.M/Sénégal)

Par Martin Mateso – Rédaction Afrique – France Télévisions
Mis à jour le 26/05/2018 | 13:10 – publié le 24/05/2018 – 11:42

C’est une tragédie dont on parle peu. Celle des déportés négro-mauritaniens chassés de leurs terres il y a bientôt 30 ans. Ils sont des milliers au Sénégal à rêver d’un retour au pays natal. Aldiouma Cissoko est de ceux-là. Depuis son exil sénégalais, il dénonce le sort réservé à ses compatriotes qu’il considère comme «les Palestiniens de l’Afrique de l’Ouest». Il s’est confié à Géopolis.

Aldiouma Cissokho ne décolère pas. C’est le coordinateur des organisations des réfugiés mauritaniens au Sénégal. Après des décennies d’errance, des milliers de ses compatriotes accueillis au Sénégal dans les années 90 ont cessé d’exister légalement, soupire-t-il.

«Depuis 2016, le gouvernement sénégalais n’a pas voulu renouveler nos documents d’identité. Nous sommes devenus des réfugiés-apatrides. Quand on devient apatride, qu’est qu’on peut donner à son enfant? Quelle promesse peut-on lui faire? Le Sénégal n’accepte pas non plus de nous aider à nous installer dans un autre pays», confie-t-il à Géopolis.

«Ils sont cloîtrés dans des ghettos»
Un accord tripartite sur le rapatriement volontaire et la réintégration des réfugiés mauritaniens conclu entre le Sénégal, la Mauritanie et le HCR était censé mettre fin à leur cauchemar. Quelque 60.000 Mauritaniens avaient été déportés vers le Sénégal et le Mali à la suite d’un conflit frontalier qui a dégénéré en violences interethniques sanglantes.

Aldiouma Cissokho assure la coordination des organisations des réfugiés mauritaniens au Sénégal.  (Photo/A.Cissokho)
Aldiouma Cissokho assure la coordination des organisations des réfugiés mauritaniens au Sénégal.  (Photo/A.Cissokho)

Aldiouna Cissokho raconte à Géopolis la galère de ceux qui ont tenté de prendre le chemin du retour. Environ 20.000 personnes, selon les chiffres du HCR, le Haut Commissariat des Nations Unies aux réfugiés.

«Ils avaient reçu la promesse d’obtenir de nouveaux papiers d’identité au plus tard trois mois après leur retour. Il n’en a rien été. Personne n’a retrouvé ses terres perdues en 1989. La plupart des gens sont installés dans des hangars de fortune à quelques kilomètres de leurs villages. Sans papiers, ils ne peuvent pas se déplacer. Ils sont cloîtrés dans des ghettos qui rappellent l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid. Certains ont été tellement découragés par l’accueil dont ils ont fait l’objet qu’ils ont choisi de revenir au Sénégal. On leur a menti sur tous les plans. Ils nous ont dit que si c’était à le faire, ils ne le referaient pas», témoigne Aldiouna Cissokho.

Aldiouma Cissokho assure la coordination des organisations des réfugiés mauritaniens au Sénégal. Aldiouma Cissokho assure la coordination des organisations des réfugiés mauritaniens au Sénégal. (Photo/A.Cissokho)

«Le gouvernement mauritanien ne veut pas de nous»
Aux yeux des déportés mauritaniens, le HCR a perdu toute crédibilité. Ils lui reprochent de ne pas dénoncer la mauvaise foi du gouvernement mauritanien.

«Le gouvernement mauritanien ne veut pas de nous. C’est clair, nous sommes devenus les Palestiniens de l’Afrique de l’Ouest. Ils veulent conquérir notre âme, notre culture, notre terre. Ils veulent nous éliminer complètement».

Arrivé au Sénégal le 7 mai 1989, Aldiouma Cissokho a vu grandir une génération de jeunes Mauritaniens nés dans les camps de réfugiés au Sénégal. Il parle d’une génération sacrifiée, abandonnée à son sort.

«Ils ont été sacrifiés. Parce que l’enfant n’est rien d’autre que le reflet de sa famille. Depuis 2016, nous sommes devenus des réfugiés apatrides au Sénégal. Quand on devient apatride, qu’est-ce qu’on peut donner à son enfant? Quelle promesse peut-on lui faire?»

«Nous vivons dans l’ombre, nous n’existons pas»
Certains jeunes réfugiés ont préféré demander la nationalité sénégalaise. Il s’agit pour eux d’un problème de vie et de mort, explique Aldiouma Cissokho. Ils ne veulent pas subir le même sort que leurs pères et leurs mères qui n’ont connu que la précarité.

«Les gens vivent de l’aumône. Les femmes prennent d’assaut les lieux de mariage. Elles aident les gens à préparer les cérémonies et reçoivent un repas. D’autres vont trouver des soutiens à l’église. D’autres se débrouillent dans l’informel. Nous vivons dans l’ombre. Nous n’existons pas», tranche-t-il.

Ils sont estimés à 35.000 à vivre ce calvaire. Mais ils rêvent encore du jour où ils pourront regagner leur pays avec des garanties d’être rétablis dans leurs droits: «Le droit de retrouver notre citoyenneté, nos terres et notre dignité. Ce qui est sûr, c’est que la civilisation négro-mauritanienne n’est pas vouée à disparaître», conclut Aldiouma Cissokho.

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Edouard Philippe en déplacement au Sénégal dimanche et lundi pour parler sécurité et coopération

Le Premier ministre Edouard Philippe se rendra dimanche 17 et lundi 18 novembre au Sénégal, où il est notamment prévu qu’il s’entretienne avec le président Macky Sall. La sécurité sera au cœur des discussions, tout comme la coopération entre les deux pays, en matière économique notamment, avec la signature programmée de différents accords.

Pour ce déplacement, Edouard Philippe sera accompagné d’une large délégation, composée notamment de six membres du gouvernement : le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, la ministre des Armées Florence Parly, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer, le ministre de la Culture Franck Riester, le secrétaire d’Etat chargé des Transports Jean-Baptiste Djebbari, et la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie Agnès Pannier-Runacher. Plusieurs parlementaires, ainsi que des chefs d’entreprises et des personnalités culturelles, seront également du voyage, selon Matignon.

Dimanche, lors du premier jour de la visite, Edouard Philippe doit rencontrer Macky Sall, avant une cérémonie de signatures d’accords entre la France et le Sénégal, notamment économiques. «Un déjeuner de travail permettra de faire le point sur les feuilles de route avec les ministres s’agissant de la coopération économique, culturelle, dans la formation et le sport – dans la perspective des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar de 2022 – ainsi que sur les questions de mobilité et les enjeux migratoires», précise Matignon.

L’ESSOR DE DAESH AU SAHEL AU MENU D’UN FORUM SUR LA SÉCURITÉ

Le clou de la visite interviendra le lendemain, avec la participation du chef du gouvernement français au Forum International de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, qu’il ouvrira avec le président du Sénégal.

Une participation naturelle pour la France. En effet, alors que Paris est l’un des plus grands soutiens de la Force conjointe du G5 Sahel (composé du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad), le Sahel sera au centre des discussions lors du Forum, puisque l’invité d’honneur sera le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani.

L’occasion notamment d’évoquer l’essor de Daesh dans la région, après la mort d’un militaire français et de 49 soldats maliens au début du mois au Mali – deux attaques revendiquées par le groupe jihadiste. Edouard Philippe rappellera «l’importance de la coopération entre nos forces armées, en particulier sur la priorité de la lutte contre le terrorisme, et la place du Sénégal dans les forces multilatérales dans la région», souligne Matignon.

Dernier aspect que va aborder le Premier ministre français au Sénégal, la formation et la jeunesse. Il doit notamment échanger avec des «jeunes candidats en cours de recrutement aux postes de conducteurs du futur TER» sénégalais, un «projet emblématique de la relation bilatérale entre la France et le Sénégal».

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