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Entretien téléphonique Bourita/Varhelyi : Appui financier de l’UE de 450 millions d’euros au Fonds Spécial pour la Gestion de la Pandémie Covid-19

Solidarité. Un communiqué conjoint entre le Maroc et l’Union Européenne (UE) annonce que l’UE appuiera le budget marocain en réallouant immédiatement 150 millions d’euros, spécifiquement dédiés aux besoins du Fonds Spécial pour la Gestion de la Pandémie Covid-19 créé à l’initiative de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. De même, l’Union Européenne entreprendra de réorienter 300 millions d’euros des fonds alloués au Maroc vers la réponse à la pandémie en accélérant leur mobilisation pour répondre aux besoins budgétaires exceptionnels du Royaume.

Ce communiqué conjoint a été rendu public à la suite de l’entretien téléphonique entre le Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération Africaine et des Marocains Résidant à l’Étranger, Nasser Bourita et le Commissaire à l’élargissement et à la politique européenne de voisinage, Oliver Varhelyi.

Cet entretien, qui s’inscrit dans le cadre du partenariat multidimensionnel et des échanges permanents entre le Royaume du Maroc et l’Union Européenne, a porté sur l’évolution de la pandémie du COVID-19 et les moyens mis en œuvre aux niveaux national, régional et international pour y faire face, relève le communiqué.

A cet égard, le Commissaire à l’élargissement et à la politique européenne de voisinage s’est félicité des mesures fortes et nécessaires, adoptées avec promptitude par le Royaume du Maroc pour faire face à la propagation du virus et à ses effets, souligne le communiqué, faisant savoir que l’UE demeure disposée à accompagner le Maroc dans ses efforts sanitaires, économiques et sociaux, à travers plusieurs actions.

Article19.ma

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Ghazouani est en train de prendre rendez-vous avec l’histoire

La visite de deux jours de Nasser Bourita en Mauritanie est une visite « pas comme les autres » selon l’expert en géopolitique El Moussaoui El Ajlaoui qui évoque un début quasi historique de rapprochement politico-économique et sécuritaire entre les deux pays, et qui devrait déboucher sur un axe s’étendant jusqu’au Sénégal.

Ghazouani est en train de prendre rendez-vous avec l’histoire

« C’est une visite vraiment différente des précédentes qui s’inscrit dans un nouveau contexte et une orientation inédite au niveau de la politique extérieure de la Mauritanie, notamment vis-à-vis du Maroc », avance le géopoliticien qui estime que ce rapprochement devrait permettre de tourner définitivement la page des relations bilatérales faites de hauts et de bas depuis la signature de l’accord de bon voisinage en 1970, soit un an après la reconnaissance marocaine de la Mauritanie.

Un dauphin qui renie son parrain anti-marocain

« A l’occasion du voyage ministériel de Nasser Bourita en Mauritanie, beaucoup de messages positifs ont été envoyés en direction du Royaume, où on a notamment assisté à deux changements importants.

« Le premier a été politique car on a vu que le nouveau président mauritanien prenait ses distances avec son prédécesseur alors qu’il a été son dauphin et que Abdelaziz comptait beaucoup sur sa coopération.

« En désignant comme dauphin Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, l’ancien président Abdelaziz pensait qu’il pourrait l’utiliser à sa guise, comme l’avait fait Poutine avec Medvedev, mais il s’est lourdement trompé car un bateau ne peut pas être dirigé par deux pilotes.

« A elle-seule, cette prise de distance constitue un message fort sachant qu’on ne peut pas vraiment qualifier d’idylliques les rapports politiques qu’avait le précédent président avec le Maroc », souligne El Ajlaoui en faisant allusion au processus, en cours, de limogeages d’anciens fidèles de Abdelaziz et de réhabilitation de ses opposants.

Ainsi, on vient d’apprendre que le mandat d’arrêt déposé à Interpol par les autorités mauritaniennes contre l’opposant Mohamed O. Bouamatou qui était réfugié au Maroc a été annulé le 19 février.

Bourita reçu à tous les étages du pouvoir mauritanien

« Au niveau politique, il y a indéniablement un rapprochement plus qu’inédit car Bourita a successivement été reçu par le Chef de l’Etat mauritanien, son Premier ministre et enfin par son homologue des AE.

« Ces trois rencontres montrent donc une nouvelle approche avec des relations pacifiées et saines et in fine un nouveau départ entre les deux pays.

« Il convient cependant de rappeler que le rapprochement actuel a commencé avec l’arrivée, en 2018, du ministre des Affaires étrangères Ismail Ould Cheikh Ahmed qui a complètement changé la donne.

« En effet, au niveau du dossier du Sahara, c’était la première fois qu’un ministre déclarait publiquement que la Mauritanie était favorable à une solution permettant de satisfaire toutes les parties et pas, comme auparavant, le ‘peuple sahraoui en priorité ».

Le gazoduc Maghreb-Europe, base de l’axe Rabat-Nouakchott-Dakar

« Le 2e changement qui risque d’impacter les relations économiques avec le Maroc concerne la découverte récente d’un champ pétrolifère et gazier à la frontière entre la Mauritanie et le Sénégal.

« Au regard de l’importance des découvertes, il est fort probable que les premières exportations vers l’Europe commenceront à partir de 2022.

« Sachant que le Maroc dispose déjà d’une infrastructure permettant d’exporter le gaz et le pétrole vers le vieux continent, on s’achemine vers la constitution d’un nouvel axe commercial Dakar-Nouakchott-Rabat.

« En effet, il serait bien plus rentable pour la Mauritanie et le Sénégal d’utiliser le gazoduc Maghreb-Europe plutôt que d’envoyer ces énergies fossiles par bateau ou en construisant de nouvelles installations très coûteuses.

« A partir de là, on peut donc en déduire que la géopolitique du nord-ouest africain est en voie de transformation et de migration vers un nouvel espace économique et référent constitué des trois pays.

Contenir la menace terroriste en Mauritanie avec l’aide du Maroc

« Hormis les volets politiques et économiques, il faut noter l’autre rapprochement important avec la multiplication récente de visites réciproques de responsables sécuritaires et militaires de haut niveau.

« Des rencontres nécessaires pour se concerter et faire face à des attaques terroristes qui ne cessent de se multiplier aux frontières mauritaniennes.

« Ainsi, il y a moins de 15 jours, le groupe Etat islamique du grand Sahara dirigé par un ancien du polisario, Adnane Abou Walid al-Sahraoui, a attaqué un camp militaire algérien aux frontières du Mali et de l’Algérie à côté de Badji Mokhtar, ville proche du camp ‘Dakhla’ du polisario.

« En outre, une deuxième attaque, qui a également eu lieu près de la frontière mauritanienne, était dirigée contre un camp militaire malien dans la ville de Nema au sud-est de la Mauritanie.

« Ces attaques qui font tâche d’huile, fruit d’une coopération entre l’EI et le front Al Nosra, constituent une grande menace pour la région ainsi que pour la stabilité de la Mauritanie.

« Les Mauritaniens ont donc compris la nécessité de tisser des liens sécuritaires avec le Maroc en adoptant une approche commune pour contenir le risque terroriste qui menace leur régime mais aussi leurs intérêts économiques comme les futures exportations de gaz par l’axe Dakar-Nouakchott-Rabat.

« En termes de rapports bilatéraux, le président El Ghazaouani a donc enclenché un vrai changement que notre diplomatie se doit de saisir.

« C’est en effet une occasion historique de renforcer une fois pour toutes nos relations en essayant toutefois de ne pas créer de nouvelles failles qui pourraient tout remettre en question », recommande El Ajlaoui.

D’ordinaire plus circonspect, le géopoliticien se veut très optimiste en se basant sur le fait que El Ghazaouani serait en train de se débarrasser progressivement des tenants de l’ex-régime qui étaient beaucoup plus proches de l’Algérie que du Royaume.

La carte marocaine jugée plus lucrative que celles de l’Algérie ou de la Cedeao

Interrogé sur la réaction de l’Algérie, dont le président Tebboune multiplie les interventions sur la scène internationale, notre interlocuteur pense que ce pays n’a plus les moyens d’instrumentaliser la carte mauritanienne.

« Au regard de leur situation économique sinistrée, les Mauritaniens ont compris que les largesses financières de l’ère Bouteflika étaient bel et bien révolues et qu’ils avaient plus intérêt à se rapprocher du Maroc que d’un régime à bout de souffle financièrement.

« De plus, sachant que la Cedeao vit plusieurs problèmes avec notamment la fermeture des frontières terrestres du Nigéria (première force économique d’Afrique) avec ses 4 voisins (Bénin, Niger, Tchad et Cameroun), l’axe Maroc-Mauritanie-Sénégal est le seul qui pourrait avoir un vrai impact au niveau socio- économique.

« Comme la Mauritanie et le Sénégal ont vraiment besoin d’un nouvel espace pour développer leurs marchés et leur économie, la carte du Maroc devient par conséquent de plus en plus incontournable.

« Au final, il faut remonter à 1970, année de signature de l’accord de bon voisinage entre les deux pays pour retrouver une pareille unité », conclut Al Ajlaoui qui ajoute qu’après les hauts et les bas des relations bilatérales, le nouveau président mauritanien est en train de prendre rendez-vous avec l’histoire…

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Le Chef de la diplomatie marocaine à Nouakchott pour dissiper tout malentendu

Le ministre des Affaires étrangères s’est rendu, hier soir, en Mauritanie. A Nouakchott, Nasser Bourita a été accueilli par son homologue Ismail Ould Cheikh. Les premiers entretiens ont déjà commencé en attendant une éventuelle entrevue avec le président Mohamed Ould El-Ghazaouani.

«Une visite pour dissiper tout malentendu», a écrit le site anbaa.info. La publication se réfère ainsi à la sortie du chef de la diplomatie, le 4 février dernier. A la Chambre des conseillers, il a en effet estimé que les relations avec la Mauritanie et l’Algérie sont moins bonnes qu’avec l’Espagne. Un dérapage alors que les deux pays n’ont jamais été aussi proches qu’ils le sont actuellement. En témoigne la tenue de la première commission mixte militaire à Rabat.

Le gouvernement mauritanien a riposté à ces déclarations en annulant la présence de son ministre de la Culture et de l’Artisanat à la cérémonie d’ouverture du Salon international de l’édition et du livre (SIEL) de Casablanca.

Ce déplacement de Bourita intervient également cinq jours seulement après la visite effectuée par Ismail Ould Cheikh en Algérie, porteur d’un message du président Mohamed Ould El-Ghazaouani à Abdelmajid Tebboune.

A Alger, le ministre des Affaires étrangères a notamment salué la médiation algérienne sur le dossier libyen.


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