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Moutha Mint El Hadj, présidente de la Commission Nationale des Femmes UPR

Moutha Mint El Hadj, présidente de la Commission Nationale des Femmes UPR : « Il n’y a et ne saurait y avoir de tension entre le président Ghazouani et l’UPR »

Le Calame : Voilà trois mois que le président Ghazouani est au pouvoir. Quelle évaluation vous en faites?

Moutha Mint ElHadj : Il m’est agréable tout d’abord de présenter mes chaleureuses félicitations à Son Excellence le président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani en lui souhaitant plein succès dans sa nouvelle mission.

Je ne peux que saluer les grands efforts et les actions soutenues déployés par son excellence le président de la République durant ces 3 premiers mois en vue d’élaborer des directives, d’adopter des programmes, de mettre en place des plans d’action et des stratégies efficaces et efficientes pour assurer un avenir prospère et durable à nos citoyens et leur permettre tous d’accéder largement aux services de base : eau, électricité, santé et éducation.

Je voudrais également saisir cette occasion présenter mes vifs remerciements et l’expression de ma grande reconnaissance à son excellence Monsieur le premier ministre Ismail ould Bedde ould Cheikh Sidiya pour la haute compétence et le professionnalisme avec lesquels il a dirigé le gouvernement au service de la paix, de la sécurité et du développement et d’avoir œuvré durant cette période à l’ancrage de la bonne gouvernance, à la préservation des droits de l’Homme, à la promotion de la démocratie et des libertés individuelles et collectives.

Le président Ghazouani a mis en place un gouvernement dit de « technocrates ». Êtes-vous satisfaite ou non de la place des femmes dans cet attelage?

L’avenir de notre pays doit se construire d’une part à partir des résultats positifs de son passé et d’autre part par l’ambitieux programme du président de la république son Excellence Mohamed ould Cheikh El Ghazouani, pour lequel il a été élu, tel est le défi majeur que nous devons aujourd’hui relever en Mauritanie dans le cadre du changement dans la continuité d’un même système politique où les acquis incommensurables doivent être consolidés et raffermis.

C’est dans ce cadre, que le gouvernement de technocrates du premier ministre Ismail Ould Bodda ould Cheikh Sidiya a été choisi dont certains ministres ont été puisés dans l’ancienne équipe gouvernementale pour imprimer l’expérience et continuer les politiques sectorielles engagées, et d’autres en majorité issus de grandes institutions de développement pour garantir l’efficacité et promouvoir le développement et être à la hauteur des enjeux et défis auxquels notre pays est confronté.

Les femmes dans ce premier gouvernement de son excellence le président de la République Mohamed ould Cheikh El Ghazouani occupent une place prépondérante aussi bien en quantité qu’en qualité.

Ce gouvernement doit bénéficier d’un soutien indéfectible de la part de tous les Mauritaniens qui aspirent à un avenir meilleur.

Que répondez vous à ceux qui disent que l’UPR n’est pas contente de la place que le nouveau président lui a réservée dans son premier gouvernement, plus grave, une tension subsisterait entre le principal parti de la majorité et le nouveau président ?

Il s’agit d’informations dénuées de tout fondement. Le gouvernement du premier ministre Ismael Ould Bodda est le nôtre. Il est composé de technocrates dont deux sont membres de la commission provisoire chargée de gérer l’UPR.

Enfin, il n’y a, et ne saurait y avoir, de tension entre le président Ghazouani et l’UPR.

L’UPR donne l’impression d’être écartelée entre ceux qui veulent en finir avec ce parti et donc son fondateur Ould Abdel Aziz, ceux qui estiment que l’actuel régime n’est qu’une continuité du précédent pour ne pas dire sa copie, et enfin ceux qui réclament la création d’un nouveau parti rassemblant les anciens de l’UPR et tous les soutiens du président Ghazwani. Que vous inspire cette situation ? Ne handicape-t-elle pas l’action du nouveau président?

La culture politique ambiante n’a pas bien assimilé au début la transition historique que le pays vient de vivre. Cela a eu pour corollaire des réactions parfois contradictoires. Mais aujourd’hui, tout s’est dissipé: l’UPR est le parti et le bras séculier du président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani. La cérémonie organisée à l’occasion de l’inauguration du nouveau siège de l’UPR en est la manifestation la plus éloquente.

Après son entrée en fonction, le président Ghazouani à entrepris de larges concertations avec les acteurs politiques aussi bien de la majorité que de l’opposition. Que vous inspire cette initiative? Que peut-on en attendre ? L’UPR serait-elle favorable à la tenue d’un dialogue inclusif, crédible? Si oui, pour quel objectif?

Les larges concertations engagées par le président Ghazouani avec un large éventail de l’opposition radicale participent d’une volonté politique du président de la République de décrisper le climat politique national et de permettre au pouvoir et l’opposition de se parler et de s’écouter dans l’intérêt bien compris de notre bien commun, la Mauritanie.

Le renouvellement des instances de l’assemblée nationale révèle comme une espèce de tension entre le gouvernement et l’UPR. L’un des députés éjecté n’a pas hésité à parler de risque de dissolution du parlement si cette tension persistait.

Le renouvellement des instances de l’assemblée générale survient, conformément au règlement intérieur du parti, chaque année. Par souci démocratique, le parti procède au changement de tous les membres en fonction pour permettre une rotation entre tous nos députés. C’est un gage d’équité qui ne saurait être contesté.

S’agissant des propos attribués à un certain député, l’intéressé a apporté tous les éclaircissements qui mettent à nu la campagne mensongère organisée personnellement contre lui.

Vous présidez depuis quelques mois la commission nationale des femmes de l’UPR. Quel est son rôle au sein du parti et quelle place elle a occupé dans le directoire de campagne de Ghazouani?

La Commission nationale des femmes est la structure la plus grande et la plus importante du Parti UPR qui constitue le parti politique le plus important dans la scène politique nationale et qui a été le plus grand parti soutenant le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani lors des dernières élections présidentielles.

La commission nationale des femmes a été élue au terme d’un long processus d’adhésion pour un mandat de 5 ans.

Elle est composée de 20 membres toutes élues en plus de la présidente.

Chaque femme préside une sous-commission composée d’un bureau et de membres, pouvant aller jusqu’à 100 femmes.

Elle a également des antennes dans chaque région, dans chaque moughataa, et dans chaque commune, ainsi elle dispose d’un mécanisme assez réparti très efficace et très rapide pour atteindre toutes les femmes.

La commission nationale des femmes est chargée d’intégrer les femmes dans toutes les activités du parti, à les mobiliser sur les questions d’éducation, de santé de sécurité d’unité nationale et de développement et a créer une large classe de femmes dotées d’une culture politique, sociale, citoyenne, économique …
La commission nationale des femmes a accompagné les élections présidentielles tout au début du processus en commençant par une vaste campagne de mobilisation pour le candidat Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani dans les 9 moughataas de Nouakchott et à l’intérieur du pays à travers les différentes missions organisées par l’UPR pour préparer les visites effectuées par le candidat avant la campagne sur l’ensemble du territoire national.

Pendant la campagne électorale, la commission nationale des femmes avait une très forte présence comme d’ailleurs toutes les structures du parti. Elle était très bien représentée dans le Bureau de la campagne des femmes par sa présidente en tant qu’adjointe de la coordinatrice nationale et dans tout le mécanisme de la campagne nationale des femmes du candidat Mohamed ould Cheikh El Ghaouani et avait un double rôle de coordination et de travail de la base.

La commission des femmes a rendu un vibrant hommage à feue madame Aissata Kane, première ministre des affaires sociales sous feu Moctar Ould Daddah, rappelée à Dieu, il y a quelques mois. Certains ont salué le geste et y ont vu une contribution au renforcement de l’unité nationale. Une réaction ?

Le Jeudi 22 août, la commission nationale des femmes de l’UPR a organisé une grande soirée commémorative en l’honneur de la défunte la ministre Aissata Kane « rahmetou lahi aleyha » à laquelle ont assisté l’actuelle ministre des affaires sociales, des membres de la commission de gestion de l’UPR, des hauts fonctionnaires et des intellectuels de tous horizons politiques et des cadres du parti ainsi que des membres de la famille de la défunte.

Cet hommage vient valoriser le combat national et international de feue Aissata Kane pour les droits de la femme, sans violence et sans excès.

Étant la première femme ministre de l’histoire de la Mauritanie, elle a joué un grand rôle dans la scolarisation des filles et elle a incarné également, à travers son combat constructif pour les droits de la femme, l’émancipation de la femme mauritanienne, avec un féminisme islamique moderne.

On ne peut que saluer ici la participation aux funérailles de la défunte du Premier Ministre son Excellence Ismaïl Ould Bedda Ould Cheikh Sidiya et de plusieurs ministres de son gouvernement ainsi que des chefs religieux.

Propos recueillis par Dalay Lam

Le Calame