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Naviguez à vue vous ne verrez d’alternative à l’état que l’état.

Sidi Mohamed Ould Maham

L’homme, n’est pas seulement cet animal d’envergure modeste, non doté de crocs et de griffes pour se protéger, ou se défendre, il est à l’inverse des autres animaux pourvu d’un cerveau à multiples aptitudes dont celle de s’adapter aux situations les plus difficiles. Ä chaque fois qu’il s’est trouvé livré à lui-même, l’homme essaie à l’aide de ses propres armes de défense, et de chasse, de tenir dans un environnement qui est tout sauf ami. Et face à son besoin de s’organiser pour affronter une nature hostile qu’il essaie sans répit de dompter, pour s’en attirer les faveurs, et en tirer à moindre coût le meilleur parti possible, il se trouve confronter à un choix unique, celui de vivre en groupe. De ce fait il a connu au cours de ses divers stades d’évolution plusieurs types de ‘’vie en groupe’’ dont certains ont disparu sans laisser de traces, d’autre comme les alliances, les ligues, les unions, les communautés, et les tribus, ont la vie dure, et vivotent tant bien que mal à l’ombre de l’Etat, le dernier né de la série qu’ils soumettent dans cette partie du monde,  par leurs comportement, de créatures parasites, à un régime, de mauvaise croissance, qui ne cesse de remettre à plus tard son décollage. Dans le texte ci-dessous, Sidi Mohamed Ould Maham, revient sur certaines des étapes, historiques, où l’Etat mauritanien à peine né, est mis à genoux, ou même contraint de s’effacer, entièrement, devant l’ordre tribal, avec la complicité des néo-Machiavels, qui font de la célèbre formule, de leur maître: ‘’diviser pour bien régner’’ l’idée directrice autour de laquelle ils attroupent les masses comme des papillons de nuit s’excitent autour d’un feu de bois dans lequel ils finiront tous brûlés. Avec l’impartialité du chercheur, Ould Maham décrypte l’excentricité d’un tel comportement, identifie la maladie, par ses symptômes, qu’il décrive, un à un, et termine, en préconisant qu’une allégeance citoyenne, est le traitement, le mieux indiqué, pour nettoyer l’organisme décati de l’Etat, de tous ces parasites, qui vivent à ses dépens, et l’empêchent de prendre son essor. DaD.

Naviguez à vue vous ne verrez d’alternative à l’état que l’état.

‘’Tous les modes d’organisation et de planification qui avaient précédé la naissance de l’Etat-nation, et à leur tête l’ordre tribal, celui-là même qui compte pour être le mieux implanté entre tous, seraient  aujourd’hui incapables de répondre présents aux besoins de l’individu mauritanien, et  ne seraient plus en mesure de réaliser ses aspirations dans des domaines aussi  sensibles que la sécurité, la santé, l’éducation, sans parler de ses besoins en biens  et services, ou de ses relation avec son environnement immédiat, et par extension avec le reste du monde. Ce serait sans doute le mauvais usage qu’en auraient fait de l’ordre tribal les régimes qui se sont succédés à la tête du pays, et cette tendance que l’ordre tribal lui-même aurait de s’imposer dans le champ politique au cours de périodes antérieures qui seraient à l’origine de sa fortification dans le rôle d’ennemi  public numéro un de l’Etat. Outre l’instrumentalisation à mauvais dessein, faite au détriment de l’ordre tribal par ceux qui avaient en charge la mission de mettre sur pied un Etat viable, on peut énumérer parmi les faits qui auraient contribué à transformer peu à peu l’ordre tribal en antithèse de l’Etat, et de ses institutions, cette facilité avec laquelle celui-ci peut se transformer en repoussoir de celui-là et de ses institutions. Ces erreurs qui appartiennent désormais au passé, appellent de notre part en plus d’une action intensive, en vue d’un véritable raffermissement de l’Etat, de son système républicain, et de ses institutions, une prise de conscience qui aboutira à faire en sorte que tout citoyen souscrit par son allégeance à la consolidation de l’Etat. De son côté l’Etat doit diriger tous ses efforts à la création des conditions adéquates, comme la création de projets générateurs d’emplois, et entre autres de faire en sorte de développer et d’élargir les réseaux du service national, couvrant le domaine de la justice, ainsi que ceux de la santé, de l’éducation, de l’emploi, de la retraite, et de la protection sociale. Ce sera en ce moment et en ce moment seulement que l’allégeance totale du citoyen sera conclue sans condition en faveur de l’Etat. Rien n’empêchera par la suite les citoyens qui se feront fort de veiller à multiplier par deux et davantage avant de la lui rendre avec grâce, toute protection quelque soit son coût, que l’Etat adoptera en leur faveur, en vue de les préserver des besoins et des dangers. Qui saurait nier que l’Etat mauritanien tout au cours de son histoire relativement ancienne, n’a pas fait face sur plusieurs fronts à l’inexistence des moyens matériels, sans parler de sa carence en ressources humaines, et de l’ignorance de ceux qui sont à ses commandes des exigences réelles d’un Etat viable. Le résultat fut comme on pourrait aisément l’imaginer, une paralysie totale de son administration qui n’en est sortie de cette aventure,  que pour être la proie toute désignée des maux et afflictions d’une société embastillée dans ses propres contradictions. Cet état de chose aurait présidé à une fuite en avant qui elle aurait poussé plus d’un à se jeter les yeux ouverts, dans les bras de la tribu. Evasive ou non, cette étreinte entre la tribu et sa clique d’amants aurait duré suffisamment longtemps pour étouffer chez la masse toute initiative d’ordre civique. Il n’est jamais trop tard pour corriger des telles déficiences  et surmonter plus ou moins vite tous les obstacles. Le plus court chemin à prendre pour arriver à une telle conclusion, serait un diagnostic objectif, et minutieux, doublé d’une action sérieuse, et continue qui auront pour effet de débarrasser  la plaie de cette croûte qui empêche le revêtement cutané de reprendre ses droits de citée.’’

Ceci au sujet de la tribu.

Les ethnies, elles tiendront la vedette dans les prochaines publications.

Traduit par : Deddah Ould Abd-Daim.