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Nos enfants face à l’invasion du numérique

Sidi Mohamed Ould Maham

L’enfant. Avant de prendre la décision d’en faire un ou plusieurs, il faut d’abord prendre le temps d’étudier comment subvenir à ses ou (leurs) besoins vitaux. Dans un premier temps, maman se doit d’être attentive, et prête à répondre à tout ce qui se rapporte de près ou de loin au régime nutritif, et à l’hygiène de bébé(s). Puis c’est au tour de papa de remuer ciel et terre pour mettre sa progéniture à l’abri du besoin, et en faire de préférence des riches héritiers qui ne risqueront jamais après lui de devenir une charge pour les autres. Mais le pauvre passa à côté de l’utile, et en pâtira dans l’au-delà. Combien d’entre eux se sont retournés dans leur tombe à la vue de leurs petits chéris,devenus des loques humaines tendre la main pour mendier. Et de comprendre, mais trop tard pourquoi leurs efforts sont partis en fumée. Simplement parce qu’ils leurs avaient laissé la richesse, mais avaient oublié, ou négligé de les armer de savoir et de science. Les seules armes qui profitent vraiment à ceux qui les portent,et portent préjudice à ceux qui n’en ont pas sur soi. C’est bien là où en veutvenir Sidi Mohamed Ould Maham dans le magnifique texte ci-dessous. DaD.

‘’Faut-il comprendre que le meilleur moyen de répondre aux questions que se posent nos enfants est de les poursuivre en justice afin de leur offrir les punitions pénales qu’ils méritent, en les gavant copieusement d’insultes, d’invectives, et d’injures les plus odieuses ? Certainement pas. Puisque ces questions sont en partie anciennes, et éculées au point qu’elles ne surprennent plus personne. Alors que ce qui en reste trouve dans sa totalité, son explication dans la vitesse à laquelle tourne notre époque, entraînée par l’élan du progrès sans précédent dans la vie de l’humanité, et par l’éjection d’un flux de données monumentales, qui entre et sort sans demander permission, ni prendre congé de personne, et seulement suivi par l’œil bienveillant des stations radios, des chaînes de télévisions, avec la complicité de l’internet à travers sa toile de réseaux sociaux (Blogs, forum etc.) et ses diverses applications (Messenger, Wath Sapp etc.) tous hors de la portée de tout contrôle et , de toute censure.

Vue sous cet angle une telle réaction est à mon avis un crime odieux commis à leur encontre, eux qui sont pris entre le marteau de cette extraordinaire invasion intellectuelle, et l’enclume d’une éventuelle poursuite pénale. Pour leur éviter à l’avenir de s’exposer à des nouvelles déceptions, nous devons nous même être armés de plus de savoir, être plus affectueux, plus compréhensifs et plus ouverts sur l’autre, afin d’être en mesure de répondre convenablement au flux de questions qu’ils n’auront de cesse de nous poser.

Il revient à nos érudits, à nos intellectuels, et à nos éducateurs – et c’est ici le plus important – de saisir que les questions contemporaines ne sont pas nécessairement celles d’antan, et par conséquent les réponses qu’ils doivent minutieusement préparer, nécessitent d’être à la hauteur du défi à relever.

Traduit par : Deddah Ould Abd-Daim