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Jean Daniel du Nouvel Observateur: la disparition d’un géant.

Jean Daniel

Tout à fait et un de ceux qui faisaient honneur à une certaine France qui tenait haut le flambeau du soutien des causes justes. Une très belle plume et une grande âme , charitable à qui je dois mon séjour en France. En effet , au mois d’avril 1989, dans un moment de frustration profonde et de désarroi quand à l’avenir de notre pays, de manière prémonitoire, je lui écrivais une si longue lettre où je lui brossais le tableau sombre de la situation des négro-mauritaniens… Je je savais pas si bien dire, car dans son éditorial de la semaine qui suivit les pogromes anti-noirs en Mauritanie, il consacra quelques lignes à faire tomber toute la lumière du tableau sur ce qui se passait chez nous… Mieux, il remit la lettre à Alain Decaux, alors Ministre de la Francophonie qui m’envoya une très belle lettre convoyée à notre domicile à Karachi, dans le quartier Océan de Rabat , délivrée par le chauffeur de l’ambassadeur de France au Maroc , en livrée noire et blanche, ne promettant une bourse dès que je serai sur le territoire français.Jean Daniel dont je lisais les éditoriaux depuis une décennie était devenue une partie importante de mon patrimoine francophone. Il m’avait ouvert les portes de la bonne fortune sans que je le lui demande, dans un élan généreux et humaniste. Cet humanisme intégral, débonnaire et désintéressé me permit d’obtenir le visa pour la France sans coup férir au consulat de Tanger , dans une ambiance d’allégresse générale où le consul me reçu comme une personnalité de premier plan.
Moctar Sakho

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Un grand journaliste, Jean Daniel s’en est allé..

Jean Daniel, fondateur, directeur et éditorialiste de l’hebdomadaire « Le Nouvel Observateur


Un grand journaliste, un grand éditorialiste s’en est allé, Jean Daniel, fondateur, directeur et éditorialiste de l’hebdomadaire « Le Nouvel Observateur » .

Jean Daniel, un grand journaliste de presse que l’on ne présente plus dans le monde francophone nous a quitté.

Né le 21 juillet 1920 à Blida, en Algérie, Jean Daniel, né Bensaïd, a rejoint la célèbre 2eDB du général Leclerc et participé à la Libération avant de suivre des études de philosophie à la Sorbonne.

En 1947, il fonde la revue « Caliban » avec le soutien d’Albert Camus qui l’honorera de son amitié. En 1954, il écrit son premier article publié dans « l’Express » où il couvre la guerre d’Algérie en prenant parti pour des négociations avec le FLN. En 1961, il est grièvement blessé au fémur lors des événements de Bizerte, en Tunisie. En 1963, il acquiert une célébrité internationale en réalisant une interview de John F. Kennedy. Le président américain le charge d’un message pour Fidel Castro : c’est en compagnie du leader de la révolution cubaine qu’il apprend l’assassinat de Kennedy, le 22 novembre 1963. En 1964, il décide avec l’industriel Claude Perdriel de reprendre « France Observateur » qui devient « le Nouvel Observateur », l’hebdomadaire de la « deuxième gauche » et des grands combats sociétaux : légalisation de l’avortement, droits des homosexuels, antiracisme… Jean Daniel y dialoguera avec les plus grands intellectuels : Jean-Paul Sartre, Claude Lévi-Strauss, Michel Foucault, Edgar Morin, Paul Ricœur, Amos Oz, Milan Kundera, François Furet, Régis Debray, Pierre Nora… Mais aussi avec les plus grandes personnalités politiques : Pierre Mendès-France, Michel Rocard, François Mitterrand, Jacques Delors, Mario Soares, Shimon Peres…, rapporte L’Obs dans son édition du 20 février 2020.


Toutes nos pensées à sa famille et ses amis, à qui nous adressons nos plus sincères et fraternelles condoléances.

Ahmed Ould Bettar