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Coronavirus : l’école au défi du confinement

Des étudiants et leurs parents arrivent à l’école Jean-de-la-Fontaine de Crépy-en-Valois (Oise) le 3 mars. FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Le premier ministre a annoncé, vendredi, la fermeture de toutes les crèches et des établissements scolaires dans l’Oise et le Haut-Rhin.

Par Violaine Morin Publié aujourd’hui à 03h05, mis à jour à 10h46

Les écoliers seront bien plus nombreux, dans les jours à venir, à faire l’expérience de l’école à distance. Vendredi 6 mars au soir, le premier ministre a annoncé la fermeture de toutes les crèches et des établissements scolaires dans l’Oise et le Haut-Rhin. « Non pas parce que ces lieux sont plus dangereux », mais en raison des risques de transmission et des difficultés à y faire « respecter l’ensemble des consignes » sanitaires, a précisé Edouard Philippe au sortir d’une réunion interministérielle.

La mesure est prise « pour quinze jours ». Dès lundi, ce sont près de 300 000 élèves qui n’iront pas à l’école, au collège ou au lycée dans ces deux départements. Par ailleurs, environ 5 000 élèves sont toujours confinés dans le cluster (regroupement de cas) du Morbihan, deux écoles sont fermées à Sartilly (Manche) et Louvres (Val-d’Oise), et deux classes sont confinées à Marseille (Bouches-du-Rhône) et à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

Accès gratuit à une plate-forme du CNED

L’éducation nationale peut-elle relever un tel défi ? L’institution affirmait en début de semaine être « prête » pour assurer la « continuité pédagogique » à tous ses élèves − jusqu’à vendredi, ils n’étaient que 45 000 à en avoir besoin. Une plate-forme du Centre national d’enseignement à distance (CNED), à laquelle les enfants confinés ont accès gratuitement, propose des contenus de révisions et un logiciel de « classe virtuelle ». La plate-forme « Ma classe à la maison » peut assurer jusqu’à 6 millions de connexions simultanées, assure-t-on au ministère. Les enseignants du second degré sont encouragés à communiquer avec leurs élèves grâce aux « environnements numériques de travail » (ENT), des services de messagerie et de partage de documents auxquels ils sont déjà habitués. Mais en pratique, les choses ne sont pas si simples.

C’est l’expérience qu’a faite Samuel, élève de 6e au lycée Paul-Eluard de Montreuil. Vendredi à 14 heures, il avait rendez-vous sur le site du collège pour un cours en direct avec son professeur de mathématiques. Le garçon de 11 ans est confiné jusqu’au 10 mars, comme tous ses camarades de la 6D, car une élève de sa classe a contracté le Covid-19. Seulement voilà : à l’heure dite, la plate-forme refuse de fonctionner, et le cours de maths n’aura pas lieu.

Samuel est loin d’être le seul à faire face aux difficultés de l’enseignement à distance. Partout, les enseignants rapportent des couacs logistiques et une grande difficulté à assurer un réel « suivi ». « Sur 23 élèves, j’en ai 4 qui ont réussi à accéder à la plate-forme du CNED. Et encore, j’ai dû faire un tuto », raconte une enseignante de CM1-CM2 à Creil (Oise), qui a souhaité garder l’anonymat. Le directeur de l’école a organisé jeudi une permanence pour que les familles récupèrent des devoirs imprimés. 35 élèves, sur les 300 que compte cette école classée REP+, ont pu avoir des exercices « sur papier ».

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Le Monde.fr