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Emmanuel Macron en chef de guerre au secours du Sahel et de la RDC

Lors du Forum pour la paix, à Paris, Emmanuel Macron a prévenu que des décisions seraient annoncées prochainement sur la lutte contre les groupes djihadistes. Tant au Sahel que dans l’est de la République Démocratique du Congo.

Emmanuel Macron a profité du deuxième Forum pour la paix, organisé à Paris, pour se poser en chef de guerre et dévoiler quelques-unes des initiatives qu’il entend défendre ou lancer sur le continent africain. Ses annonces interviennent alors que le chef d’état-major des armées, le général Lecointre, s’est interrogé, mi-octobre, devant les sénateurs : « La masse (des armées) sera-t-elle suffisante à l’horizon 2030, au regard de l’ambition que nous nous sommes fixée et de l’accélération de la dégradation des relations internationales ? ».

Le président français a, pour sa part, annoncé que des décisions seraient prises « dans les prochaines semaines » pour améliorer la lutte antidjihadiste au Sahel. Ces décisions pourraient concerner la mesure déjà annoncée par Florence Parly de la création d’une unité de forces spéciales européennes déployée au Mali. Cette force baptisée Takuba est supposée « compléter Barkhane », la force française au Sahel. À moins que le chef de l’État n’annonce une hausse temporaire des effectifs français déployés au Sahel pour faire face à la recrudescence des attaques terroristes.

Le président Macron a effectivement précisé qu’il serait appelé prochainement à « repréciser le rôle de Barkhane », qui compte 4 500 militaires, et à « confirmer et conforter l’engagement » dans la région.

Une compagnie du bataillon mauritanien de la Force du G5-Sahel sur la frontière malienne en 2018.

« Nous avons avancé sur la situation sécuritaire » et sur « les décisions » qui seront annoncées « dans les prochaines semaines pour reconcentrer la force conjointe » du G5-Sahel « sur le fuseau central » (terme militaire désignant la zone aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger), a déclaré le président français à l’issue de sa rencontre avec ses homologues Idriss Déby Itno (Tchad), Mahamadou Issoufou (Niger) et Ibrahim Boubacar Keita (Mali).

Cette force conjointe du G5-Sahel compte, sur le papier, 5 000 militaires de Mauritanie, du Mali, du Niger, du Burkina Faso et du Tchad, chargés de lutter contre les djihadistes.

Un coup de pouce en RDC

Emmanuel Macron a aussi fait des annonces concernant la République Démocratique du Congo.

« La France est pleinement engagée aux côtés de la République Démocratique du Congo pour lutter contre les groupes armés qui déstabilisent le pays » et qui, « pour certains, pactisent avec Daech », a déclaré, mardi soir, le chef de l’État français au président de la République Démocratique Du Congo, Félix Tshisekedi.

Emmanuel Macron a aussi assuré au président Tshisekedi, que la France allait apporter son soutien militaire à Kinshasa dans la lutte contre les groupes armés actifs dans l’Est. Cette coopération prendrait une dimension militaire, notamment « en matière de renseignement ».

Emmanuel Macron n’est pas entré dans les détails. Ni pour expliquer l’engagement actuel de la France aux côtés de la RDC en matière de lutte contre les groupes rebelles et le terrorisme, ni pour préciser la forme que prendra l’aide militaire française dans l’est de la RDC. Mais déjà la France soutient la formation des cadres des FARDC, les forces armées congolaises.

Le Centre des hautes études de stratégie et de défense forme des officiers supérieurs des forces armées congolaises.

Ainsi, lors de son passage à Kinshasa, en mai dernier, Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, s’est exprimé sur les enjeux de sécurité en Afrique et en RDC, devant les auditeurs du Centre des hautes études de stratégie et de défense (CHESD). Il a alors promis une aide française au projet congolais d’École de guerre.

Par ailleurs, au CHESD créé il y a quatre ans, la formation académique a été confiée à une société française spécialisée, l’Institut Themiis, qui pilote le cursus et fournit les formateurs. Cet Institut qui intervient par ailleurs en Mauritanie a aussi créé, toujours à Kinshasa, l’École supérieure d’administration militaire (ESAM).

Emmanuel Macron en chef de guerre au secours du Sahel et de la RDC

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