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Coronavirus, une menace mondiale

Cinquante-six personnes infectées par le coronavirus en Chine sont mortes depuis que l’épidémie s’est déclarée le mois dernier dans la ville de Wuhan, dans le centre du pays, selon le dernier bilan rapporté dimanche par la télévision officielle chinoise.

D’après le bilan arrêté samedi soir, 1.975 cas de contamination ont été recensés dans le pays, a indiqué la chaîne CCTV, soit quelque 600 patients supplémentaires par rapport à la veille.

Le président Xi Jinping, qui a réuni samedi un politburo exceptionnel, a reconnu que le pays faisait face à une « situation sérieuse », avec une accélération de la propagation du virus.

Si la quasi-totalité des cas ont été signalés en Chine, le coronavirus a aussi été détecté en Thaïlande, à Singapour, au Japon, en Corée du Sud, aux Etats-Unis, en Australie et en France où il s’agit des premiers cas en Europe.

Le Canada a annoncé samedi qu’un premier cas de contamination avait été signalé à Toronto, sur la côte Est du pays.

Les Etats-Unis ont annoncé qu’ils organisaient le rapatriement du personnel de leur consulat général à Wuhan et qu’un nombre limité de places à bord de cet avion spécial seraient proposées aux ressortissants américains.

La presse officielle chinoise a fait état de 13 nouveaux décès recensés à la date de samedi dans la province du Hubei, où l’épidémie est apparue le mois dernier. La ville de Wuhan, foyer de l’épidémie, a été placée en confinement.

Un décès a aussi été signalé à Shanghai, le premier dans cette ville depuis l’apparition du virus.

Séparément, les autorités de la province du Henan ont annoncé la mort d’un patient infecté.

L’épidémie a jeté une ombre sur le début des festivités du Nouvel an lunaire, avec l’annulation des événements publics et la fermeture de nombreux sites touristiques.

De nouvelles mesures de précaution ont été décidées par les autorités. La ville de Tianjin, dans le nord du pays, va suspendre tous les bus interprovinciaux, a rapporté dimanche Le Quotidien du peuple. Aucune visite guidée ne sera organisée en Chine ou à l’étranger à partir de lundi.

Hong Kong a déclaré samedi un état d’urgence sanitaire, annulant les festivités prévues pour le Nouvel an lunaire et limitant les liaisons à destination de la Chine continentale.

Fermées initialement pour une semaine pour le Nouvel an lunaire, les écoles du territoire semi-autonome resteront closes jusqu’au 17 février. Les parcs Disneyland et Ocean Park ont fermé leurs portes dimanche.

Le virus, qui continue de muter selon les autorités chinoises, provoque de la fièvre, de la toux et des difficultés respiratoires, des symptômes communs à d’autres pathologies qui rendent le diagnostic difficile.

Une accélération de la propagation du virus est crainte, alors que des centaines de millions de Chinois profitent des vacances du Nouvel an lunaire pour voyager. Nombre d’entre eux ont cependant annulé leurs réservations, et les compagnies aériennes et ferroviaires chinoises ont intégralement remboursé les billets achetés.

Le danger de l’épidémie s’accentue à la fois par une situation humanitaire fragile et par l’insécurité et seul un engagement international de grande ampleur permettra de la contrôler.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est dite hier lundi préoccupée par les épidémies de COVID-19 en Corée du Sud, en Italie, en Iran et au Japon.

La Corée du Sud a désormais signalé plus de 4.200 cas et 22 décès, ce qui signifie qu’elle compte plus de la moitié de tous les cas en dehors de la Chine, a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une conférence de presse quotidienne.

« Mais le confinement de COVID-19 est possible et doit rester la priorité absolue pour tous les pays », a-t-il réitéré. « Avec des mesures agressives précoces, les pays peuvent arrêter la transmission et sauver des vies. »

En Iran, le bilan des décès de COVID-19 est passé à 66 lundi, avec un total de 1.501 personnes touchées et 291 cas guéris, selon ses autorités sanitaires. Le chef de l’OMS a annoncé le même jour qu’une équipe de l’OMS était arrivée en Iran pour soutenir son gouvernement.

Dimanche, le nombre total de cas de COVID-19 en Italie a atteint 1.577. Au Japon, le nombre de cas confirmés est passé lundi à plus de 960, dont plus de 700 cas provenant du navire de croisière Diamond Princess.

Le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déjà appelé l’Afrique à se préparer à la propagation éventuelle de l’épidémie de nouveau coronavirus (COVID-19) sur ce continent.

« Notre plus grande préoccupation reste le potentiel de propagation de COVID-19 dans les pays où les systèmes de santé sont plus faibles », a déclaré Dr Tedros lors d’une réunion ministérielle d’urgence sur ce virus organisé par l’Union africaine et les Centres pour la prévention et le contrôle des maladies d’Afrique. « Nous travaillons dur pour préparer les pays africains à l’arrivée potentielle du virus ».

« Les signes croissants de transmission en dehors de la Chine (d’où est partie la maladie) montrent que la fenêtre d’opportunité que nous avons pour contenir ce virus se rétrécit. Nous appelons tous les pays à investir d’urgence dans la préparation », a-t-il ajouté.

En dehors de la Chine, il y a maintenant 1.200 cas dans 26 pays, avec 8 décès. Il y a des cas confirmés sur le continent africain, en Egypte, Tunisie, Maroc, Sénégal. Plusieurs pays africains ont testé des cas suspects de COVID-19, mais ils ont été négatifs.

Dr Tedros a déclaré que l’OMS était préoccupée par l’augmentation des cas en Iran (18 cas et 4 décès) et par les cas signalés en Corée, du Sud et en Italie.

Des experts internationaux à Wuhan
Une équipe d’experts internationaux dirigée par l’OMS, qui se trouve en Chine depuis la semaine passée, s’est rendue ce samedi à Wuhan (Chine), l’épicentre de l’épidémie.

« Avec chaque jour qui passe, nous en savons un peu plus sur ce virus et la maladie qu’il provoque », a dit le chef de l’OMS.

On sait ainsi que plus de 80% des patients ont une maladie bénigne et se rétablissent. Mais les autres 20% des patients souffrent d’une maladie grave ou critique, et ont besoin de soins intensifs.

Dans 2% des cas signalés, le virus est mortel et le risque de décès augmente avec l’âge du patient et les problèmes de santé sous-jacents. On constate relativement peu de cas chez les enfants.

L’OMS a identifié 13 pays prioritaires en Afrique en raison de leurs liens directs avec la Chine ou de leur volume élevé de voyages avec la Chine. Un nombre croissant de pays africains sont désormais en mesure de tester le COVID-19 avec des kits de test de laboratoire fournis par l’OMS, contre un seul il y a seulement quelques semaines, a précisé Dr Tedros.

Au cours du mois dernier, environ 11.000 agents de santé africains ont été formés à l’aide des cours en ligne de l’OMS sur le COVID-19, qui sont disponibles gratuitement en anglais, en français et dans d’autres langues sur OpenWHO.org.

« Nous fournissons également des conseils aux pays sur la manière de procéder au dépistage, aux tests, à la recherche des contacts et au traitement », a expliqué le chef de l’OMS.