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Pressenti comme nouvel émissaire de l’onu en libye Lamamra : un expert de retour

L’homme est l’une des valeurs sûres de la diplomatie internationale.

Les informations faisant état de la nomination de l’ex-ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, au poste d’ émissaire spécial de l’ONU en Libye circulent dans les médias américains qui ont leurs entrées dans l’immeuble de l’ONU. La nouvelle rapportée par le média américain a été largement commentée dans la presse US et le ton était à la justesse du choix d’Antonio Guterres, dans le cas d’une confirmation. Il va sans dire que l’ex-ministre algérien, dont le nom a circulé parmi une short-liste de cinq autres diplomates d’envergure internationale, a véritablement le profil de la fonction. Son action en Afrique et, notamment au Sahel lui vaut, faut-il le souligner, le respect de ses pairs. Les négociations qu’il a conduites et qui ont été couronnées de succès sur le dossier malien, débouchant sur l’accord d’Alger, traduisent, si besoin, une grande capacité de négociateur, habitué aux questions les plus délicates. Il faut dire qu’avant qu’il ne prenne les choses en main, en sa qualité de ministre des Affaires étrangères de l’Algérie, après une longue carrière dans la diplomatie africaine auprès du secrétariat général de l’Union africaine, le problème malien était entier et passait pour insoluble. Aujourd’hui, le seul fil solide dans l’imbroglio qu’est devenu ce pays du Sahel, est précisément l’accord d’Alger. La destruction de la Libye qui a jeté les hordes terroristes à l’assaut de Bamako, n’est pas venu à bout d’un accord que beaucoup d’acteurs de la scène malienne continuent de revendiquer. Cela pour dire que l’homme est l’une des valeurs sûres de la diplomatie internationale. Si son nom revient systématiquement à la veille de chaque nomination onusienne, c’est certainement en raison de sa compétence en matière de diplomatie. Outre ses missions réussies en tant que ministre des Affaires étrangères, il a été médiateur dans plusieurs conflits africains, notamment au Liberia, sous les auspices de l’ONU et de l’Union africaine (UA). La proposition de Ramtane Lamara constitue également une réelle opportunité pour l’ONU de hâter une solution dans la région. Sa nationalité algérienne, sa parfaite connaissance de la région et le soutien dont il bénéficiera de la part des voisins de la Libye, dont l’Algérie sont autant de boosters dans une dynamique créée avec l’élection du président Tebboune. Partageant près de 1 000 kilomètres de frontière avec la Libye, notre pays «s’est récemment montré très actif pour tenter d’oeuvrer au règlement politique d’un conflit qui menace la stabilité régionale», rapporte la presse internationale. L’Algérie devrait accueillir un «dialogue» entre toutes les parties libyennes. Avec cette disponibilité et l’expertise de Lamamra, l’ONU mettra toutes les chances de son côté. En attendant, Antonio Guterres a désigné l’Américaine Stephanie Turco Williams pour assurer l’intérim de l’ancien émissaire spécial démissionnaire, Ghassam Salamé, jusqu’à la nomination de son successeur.

Saïd BOUCETTA

L’Expression