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Jean Daniel du Nouvel Observateur: la disparition d’un géant.

Jean Daniel
Jean Daniel

Tout à fait et un de ceux qui faisaient honneur à une certaine France qui tenait haut le flambeau du soutien des causes justes. Une très belle plume et une grande âme , charitable à qui je dois mon séjour en France. En effet , au mois d’avril 1989, dans un moment de frustration profonde et de désarroi quand à l’avenir de notre pays, de manière prémonitoire, je lui écrivais une si longue lettre où je lui brossais le tableau sombre de la situation des négro-mauritaniens… Je je savais pas si bien dire, car dans son éditorial de la semaine qui suivit les pogromes anti-noirs en Mauritanie, il consacra quelques lignes à faire tomber toute la lumière du tableau sur ce qui se passait chez nous… Mieux, il remit la lettre à Alain Decaux, alors Ministre de la Francophonie qui m’envoya une très belle lettre convoyée à notre domicile à Karachi, dans le quartier Océan de Rabat , délivrée par le chauffeur de l’ambassadeur de France au Maroc , en livrée noire et blanche, ne promettant une bourse dès que je serai sur le territoire français.Jean Daniel dont je lisais les éditoriaux depuis une décennie était devenue une partie importante de mon patrimoine francophone. Il m’avait ouvert les portes de la bonne fortune sans que je le lui demande, dans un élan généreux et humaniste. Cet humanisme intégral, débonnaire et désintéressé me permit d’obtenir le visa pour la France sans coup férir au consulat de Tanger , dans une ambiance d’allégresse générale où le consul me reçu comme une personnalité de premier plan.
Moctar Sakho