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Mali : Les signes d’une réconciliation ?

Mali : Les signes d’une réconciliation ?
Mali : Les signes d’une réconciliation ?

Deux soldats maliens ont été tués, jeudi, dans l’attaque de leur convoi par un véhicule kamikaze dans la zone dite des «trois frontières» entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, fief de «l’État islamique du Grand Sahara» (EIGS), a indiqué vendredi le gouverneur de la région.

Ce véhicule a voulu «rentrer dans le dispositif du bataillon de l’armée reconstituée», comprenant d’anciens rebelles, qui était en mouvement entre la localité d’Indelimane, où 49 soldats avaient trouvé la mort lors d’une attaque revendiquée par l’EIGS le 1er novembre dernier, et le chef-lieu de la région, Ménaka, a indiqué le gouverneur, Daouda Maïga. Le bilan est de «deux soldats de l’armée reconstituée tués et le kamikaze neutralisé. Le reste du bataillon est arrivé à Ménaka», a ajouté M. Maïga. À l’instar de toute la zone du Sahel, le centre du Mali est pris dans un tourbillon de violences depuis cinq ans. Épargné au début, le centre du Mali est longtemps resté à l’écart des troubles séparatistes qui ont marqué le nord du pays. Mais, avec la montée des attentats et l’hégémonie des groupes terroristes dans certaines régions du pays, le centre du Mali a été aspiré par le cycle de violences. Plusieurs groupes terroristes ont fini par prendre racine, notamment autour de Mopti, vers les frontières avec le Burkina Faso ou la Mauritanie. En effet, depuis 2015, la région est le théâtre d’exactions et d’attaques en tout genre contre des villageois. Fait nouveau, les violences ont pris un caractère communautaire accru, notamment entre Peuls et Dogons. Des milices d’autodéfense se sont formées, favorisant une circulation d’armes de tous types. Face à l’insécurité croissante, les civils font face également au spectre de la famine qui touche deux personnes sur cinq dans le centre, selon les statistiques des Nations unies. Cependant, une lueur d’espoir subsiste. Des tentatives d’établir des réseaux de communication avec certains groupes terroristes, comme celui géré par l’imam Amadou Koufa, existent. Une initiative a été lancée par le Président malien Ibrahim Boubakeur Keita et qui semble avoir trouvé un écho favorable chez l’alliance liée à Al-Qaïda, dont fait partie le groupe d’Amadou Koufa. Une démarche qui permettra, selon des analystes, de renforcer le dialogue inclusif, déjà engagé, pour une paix pérenne. La libération surprise, hier à Kidal, de deux Occidentaux, une Canadienne et un Italien enlevés en 2018 au Burkina Faso, est-elle un signe précurseur d’une volonté affichée ?

M. T.

elmoudjahid.com