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Le slovaque Miroslav Lajcak pourrait être le prochain envoyé de l’ONU pour le Sahara occidental

Le slovaque Miroslav Lajcak pourrait être le prochain envoyé de l’ONU pour le Sahara occidental
L’AFP vient de confirmer le scoop du site sahraoui Ecsaharaui et Lakome2. Citant une source diplomatique des Nations Unies qui a requis l’anonymat, l’agence de presse française confirme que le Ministre slovaque des Affaires Etrangères Miroslav Lajcak pourrait succéder l’Allemand Horst Koehler à la tête du processus de paix onusien entamé il y plus de 30 ans en vue de régler l’épineux conflit du Sahara Occidental qui oppose le Maroc au Front Polisario.

Rappelant que M. Lajcak a déjà présidé l’Assemblée générale des Nations Unies, AFP indique que le poste d’Envoyé Personnel du Secrétaire Général de l’ONU pour le Sahara Occidental est vacant depuis mai 2019, date à laquelle l’ancien président allemand Koehler a été poussé à la démission par le parti pris de certaines puissances, notamment la France, en vue d’imposer une solution basée sur une autonomie, ce qui est rejeté par le mouvement de libération sahraoui.

Le poste est vacant depuis mai 2019, lorsque l’ancien président allemand Horst Kohler a démissionné pour des raisons de santé.

A moins qu’une des parties officielles au conflit ne s’y oppose, la nomination de Lajcak devrait être confirmée dans les semaines à venir, ont indiqué les diplomates à l’AFP sous couvert d’anonymat.

Pour Antonio Guterres, la tache de trouver un successeur à Kohler n’a pas été facile. « Plusieurs candidats ont refusé de prendre leurs fonctions à leur demande, ou ont été rejetés par l’une des parties au conflit, ont indiqué des diplomates », indique la même source.

Kohler avait réussi à ramener les parties à la table des négociations en Suisse en décembre 2018 et à nouveau en mars 2019, mais aucun progrès significatif n’a été réalisé.

Selon un média marocain, le chef de la diplomatie slovaque porte dans CV « un savoir référendaire » en raison de l’expérience acquise dans le contentieux qui a conduit le Montenegro à l’indépendance en 2006. « Lajcak a aidé à négocier, organiser et superviser pour l’Union européenne un référendum sur l’indépendance du Monténégro, avant d’être le haut représentant de la communauté internationale en Bosnie », signale-t-il.

Maghreb Online

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Sahara occidental: Dakhla, du poste militaire au « spot » de kitesurf

Des nuées de kitesurfs déploient leurs ailes sur le lagon de Dakhla, au coeur du territoire disputé du Sahara occidental: la ville de garnison située sur une côte battue par les vents est devenue un « spot » de choix pour les amateurs de glisse.

« Ici, il n’y a rien, à part le soleil, le vent et les vagues: on a retourné l’adversité des éléments en avantages, c’est le principe même du kitesurf », sourit Rachid Roussafi. Après une carrière internationale dans la glisse, ce sportif marocain de 49 ans a fondé le premier camp touristique du lagon au début des années 2000.

« A l’époque, un seul avion par semaine se posait à Dakhla« , contre 25 aujourd’hui, dont deux directs avec l’Europe, souligne-t-il.

« Dakhla est devenue une destination mondiale de kitesurf », se félicite Mohamed Cherif, un élu de l’instance régionale mise en place par le Maroc. Le nombre de touristes est passé de 25.000 en 2010 à 100.000 aujourd’hui et l’objectif est « d’atteindre 200.000 ».

Le kitesurf exigeant un matériel coûteux –à la planche de surf s’ajoutent aile et baudrier–, le tourisme de niche développé autour de ce sport draine une clientèle aisée de toutes nationalités vers ce territoire toujours en attente d’un statut international.

Peyo Camillade est venu de France afin de « prolonger la saison au soleil », pour une semaine qui lui revient à environ 1.500 euros.

Seuls les noms de lieu comme le « PK 25 » (point kilométrique 25), les fortins en ruine ou les imposants bâtiments militaires de Dakhla rappellent le conflit armé qui a opposé jusqu’en 1991 le Maroc et le Front Polisario pour le contrôle du Sahara occidental, territoire désertique de 266.000 km2 situé au bord de l’Atlantique.

Le Polisario milite pour l’indépendance et réclame l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Le Maroc contrôle 80% de cette ancienne colonie espagnole –dont Dakhla– qu’il considère comme historiquement sienne et plaide pour une autonomie sous sa souveraineté. Des Casques bleus de l’ONU ont été déployés notamment pour surveiller le statu quo le long de la zone tampon séparant les deux parties.

– « Bonne communication » –

Sans attendre le compromis que les Nations unies négocient depuis des décennies, les hôtels ont poussé sur le sable le long de la route nationale 1, qui va du port de Tanger à 2.000 km au nord jusqu’à la frontière mauritanienne à 350 km au sud.

Une kitesurfeuse dans le lagon de Dakhla, au coeur du territoire disputé du Sahara occidental, le 10 octobre 2019

Partout, des bâtiments en chantier fleurissent et des rangées de lampadaires plantés sur des terrains vagues annoncent de futurs lotissements.

« Le secret de la réussite, c’est le développement du kitesurf avec une bonne communication axée sur l’organisation d’évènements non politiques », selon Driss Senoussi, patron du groupe hôtelier « Dakhla Attitude ».

Ainsi, les exploits de champions comme la Brésilienne Mikaili Sol ou le Cap-Verdien Airton Cozzolino ont été abondamment relayés sur les réseaux sociaux lors de l’étape annuelle du championnat du monde organisée du 4 au 13 octobre.

Cette stratégie n’est pas nouvelle: « l’armée marocaine a commencé à inviter des surfeurs étrangers à Dakhla dans les années 1980, dès que la ligne de front s’est déplacée vers le sud, pour montrer que la zone était sécurisée », se souvient Jean-Pierre, 80 ans, un ancien membre du club de Rabat qui a participé à plusieurs de ces événements.

Les sports de glisse passionnent peu les habitants de l’ancienne garnison espagnole: seuls quelques jeunes désoeuvrés et familles en promenade se trouvaient sur la plage pour les finales du « Kitesurf world tour 2019 ».

– « Complices » –

De leur côté, les touristes arpentent peu le centre de la ville de 100.000 habitants, tournée vers la pêche, le commerce et le tourisme. Comme beaucoup, Alexandra Paterek, une hôtesse de l’air polonaise de 31 ans, reste dans son complexe hôtelier pour profiter du « meilleur spot du monde pour les débutants en kitesurf ».

Que sait-elle d’autre sur la région? « C’est une ancienne colonie espagnole, les fruits de mer sont excellents et nous sommes près de la Mauritanie! », énumère-t-elle en riant. Elle pense aussi que Dakhla fait partie du Maroc.

Cette légitimation de la présence marocaine ulcère le Polisario qui a essayé l’an dernier, sans résultat, de poursuivre en justice les entreprises « complices de la puissance militaire occupante », comme la compagnie aérienne Transavia, filiale d’Air-France, ou l’organisateur de séjours sportifs UCPA qui commercialise la destination « Dakhla, Maroc ».

Débouté de ses plaintes pour « crime de colonisation », le mouvement indépendantiste se consacre désormais à la dénonciation des accords commerciaux entre le Maroc et l’Union européenne qui incluent le Sahara occidental, selon son avocat français, Me Gilles Devers.

Les autorités marocaines, elles, cherchent activement des investisseurs pour leurs projets de développement, le plus ambitieux étant le méga port de « Dakhla Atlantique », avec un budget d’environ un milliard de dollars pour valoriser la pêche maritime.

Sur le lagon, « il y a une lutte entre le développement de l’aquaculture et le tourisme, l’un a moins d’impact sur l’environnement mais l’autre génère plus de revenus et d’emplois », relève un haut responsable régional.

Avec l’afflux de touristes, la protection de l’environnement est devenu un sujet majeur.

« On s’est installé dans un endroit vierge », souligne Rachid Roussafi. « Tout s’est développé tellement vite, aujourd’hui, il faut traiter les déchets plastiques et résoudre la question des eaux usées ».

AFP