Tunisie : Ghannouchi appelle à la solidarité nationale pour surmonter la crise

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AA – Tunis – Adel Thebti

Le président de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP, Parlement tunisien), Rached Ghannouchi, a appelé à la « solidarité nationale » pour faire faire face à la crise économique et sociale que traverse le pays.

C’est ce qui ressort de déclarations faites par Ghannouchi, au cours d’une interview accordée à la chaîne de télévision tunisienne privée Hannibal, vendredi soir.

Ghannouchi a souligné que « les peuples ancestraux, lorsqu’ils sont atteints d’une tragédie se doivent de faire preuve de davantage de solidarité et non pas s’affronter ».

« Les peuples ancestraux font preuve de solidarité en temps de crises et la Tunisie a un peuple ancestral », a-t-il ajouté.

Il a ajouté que « nous nous solidarisons lorsqu’il y a une tragédie », dans une référence à la crise de la Covid-19 et à ses incidences économiques.

« Ce qui est requis aujourd’hui est la tenue d’un dialogue économique et social, dans la mesure où le problème aujourd’hui est un problème économique et social », a-t-il relevé, réfutant le fait qu’il s’agit d’une crise politique.

Depuis près de trois semaines, les protestations populaires s’accroissent en Tunisie pour réclamer des emplois et l’amélioration des conditions économiques dans nombre de régions, après une accalmie qui a duré plusieurs mois.

Ghannouchi a appelé à « chercher les voies et moyens à même de réactiver les ressources de manière réelle et à développer les relations internationales de la Tunisie, en particulier avec la Libye et dans la région du Maghreb arabe, pour faire face à la crise économique ».

Il ressort de données de l’Institut National de la Statistique (INS) que 69 mille et 300 personnes ont perdu leurs postes d’emploi à cause de la pandémie de la Covid-19, et ce depuis le mois de mars dernier.

La majorité d’entre elles a repris le travail, tandis que 29 mille autres sont venues grossir les rangs des chômeurs.

Selon des chiffres officiels, le taux de chômage en Tunisie s’établit, au troisième trimestre de l’année 2020, à 16,2% avec plus de 676 mille chômeurs.

Ghannouchi a qualifié l’appel lancé pour la dissolution du parlement de « populiste ».

Il a affirmé à ce propos que « lorsque la raison reprendra ses droits, lorsque l’intérêt national prendra le dessus et lorsque nous nous focaliserons sur les intérêts véritables de la Tunisie, nous serons donc en mesure de surmonter les tiraillements actuels ».

« Considéré que le problème aujourd’hui en Tunisie est le parlement et avancer que le problème du parlement est Ghannouchi relève de la naïveté », a-t-il lancé.

S’adressant à ses adversaires, le chef du Mouvement Ennahdha a lancé: « Halte aux tiraillements et aux exagérations, la Tunisie a besoin du plus haut degré de solidarité ».

S’agissant de ses relations avec le président de la République, Kais Saied, et le Chef du gouvernement, Hichem Mechichi, Ghannouchi a indiqué qu’il s’agit de « relations de coopération, de solidarité et de concertations ».

Il réagissait ainsi aux informations qui circulent sur la scène tunisienne au sujet d’une relation hostile entre lui et le président Saïed.

« Plusieurs parties inventent et créent de toutes pièces des problèmes (entre lui et le président) comme si on était des commerçants de guerre, dès lors que ces parties ne peuvent évoluer et vivre que dans des atmosphères belliqueuses », a-t-il ajouté.

Dans le même contexte portant sur les polémiques actuelles, au sein du parlement concernant des déclarations qualifiées de violentes à l’endroit de la femme, faites par le député Mohamed Affes issu de la « Coalition de la Dignité », Ghannouchi a tenu à préciser que « la violence contre la femme est évidemment condamnable ».

« Nous demeurons attachés aux droits de la femme, dans leur intégralité, tels qu’ils ont été mentionnés dans le Noble Coran et la Sunna du Prophète, et tels que synthétisés dans le Code du Statut Personnel (CSP) », a-t-il expliqué.

« Nous défendons la liberté de la femme comme cela a été indiqué dans la législation et la Constitution tunisienne », a-t-il conclu.

*Traduit de l’arabe par Hatem Kattou