Un attentat à la voiture piégée fait au moins 21 morts

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Un attentat à la voiture piégée fait au moins 21 morts
Une maison d’hôtes où vivaient de nombreux étudiants a été victime d’une attaque meurtrière au lendemain du début du retrait des soldats de l’Otan.

Publié aujourd’hui à 21h19 par tdg.ch

L’attentat a visé une maison d’hôtes de Pul-e-Alam, dans l’est de l’Afghanistan. (Photo d’illustration)
KEYSTONE
Un attentat à la voiture piégée, que les autorités afghanes ont attribué aux talibans, a provoqué la mort de 21 personnes et en a blessé plus de 90 vendredi dans l’est de l’Afghanistan. Le président afghan Ashraf Ghani a accusé les talibans d’être responsables de cette attaque.

Cet attentat, qui survient au lendemain du début du retrait des soldats de l’Otan, a frappé Pul-e-Alam, la capitale de la province de Logar (est). La voiture piégée a explosé au moment de la rupture quotidienne du jeûne du ramadan.

«Vingt-et-une personnes ont été tuées et 91 blessées», a déclaré à la presse le porte-parole du ministère de l’Intérieur Tariq Arian. Un premier bilan faisait état de cinq morts et 60 blessés.

Selon le chef du conseil de la province de Logar, Hasibullah Stankizai, l’attentat a pris pour cible une maison d’hôtes où vivaient des dizaines de personnes, dont de nombreux étudiants.

Coincés sous les débris
«Les toits de plusieurs maisons se sont effondrés et leurs habitants sont coincés sous les débris», a souligné le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Tariq Arian, faisant état d’importants dégâts dans le quartier où a eu lieu l’attentat, y compris dans un hôpital voisin.

Le responsable des services de santé du Logar, Samat Gul, a précisé que de nombreux blessés avaient été transportés à Kaboul pour y être soignés, l’explosion ayant endommagé le principal hôpital de la ville et blessé plusieurs membres du personnel de santé.

«Une fois de plus, les talibans ont démontré que non seulement ils ne cherchaient pas à apporter une solution pacifique à la crise actuelle, mais qu’ils cherchaient à détruire toute possibilité de paix», a dénoncé le président afghan Ashraf Ghani dans un communiqué.

L’attentat n’a pas été revendiqué et les talibans n’ont pas immédiatement réagi aux propos du président Ghani.

Objectif «rempli»
Après 20 ans de présence en Afghanistan, un pays toujours en proie aux violences, l’Otan a commencé jeudi le retrait des contingents de sa mission sur place. Les Alliés avaient décidé à la mi-avril de commencer le retrait de leurs contingents d’ici au 1er mai.

Le président américain Joe Biden a estimé que l’objectif de la mission avait été «rempli» et a prévu la fin du retrait des troupes américaines pour le 11 septembre. Une date symbole, car les Américains et l’Otan sont intervenus contre Al-Qaïda en Afghanistan après les attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis.

Les pays encore les plus engagés en Afghanistan sont les États-Unis (2500 militaires), l’Allemagne (1300), l’Italie (895), le Royaume-Uni (750) et la Turquie (600). Ces cinq pays ont déployé 6000 des 9592 militaires engagés par 36 États membres de l’Otan.

Les talibans multiplient les attaques meurtrières contre des policiers et des militaires afghans depuis l’annonce de la fin de la mission de l’Otan.

Nouvelle guerre civile?
De nombreux analystes considèrent que le départ des forces de l’Alliance pourrait plonger l’Afghanistan dans une nouvelle guerre civile ou permettre le retour au pouvoir des talibans, qui en avaient été chassés fin 2001.

Des dizaines d’Afghans ayant travaillé comme interprètes pour l’armée américaine malgré les risques encourus ont exprimé vendredi dans ce contexte leur crainte d’être pris pour cibles par les talibans quand les États-Unis auront quitté leur pays, et supplié Washington de ne pas les abandonner.

«La chose principale que nous demandons, c’est qu’on devrait nous emmener aux États-Unis. C’est ce qu’on nous avait promis», a déclaré Mohammad Shoaib Walizada, un interprète afghan qui a travaillé pour l’armée américaine en opérations de combat entre 2009 et 2013.

AFP/ATS

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