Un ex-président inculpé pour blanchiment d’argent et enrichissement illicite

Une commission d’enquête du Parlement mauritanien a publié en juin 2020, un rapport faisant état d’allégations de corruption au plus haut niveau de l’Etat. L’affaire a suscité des accusations contre l’ancien président, Ould Abdel Aziz et un certain nombre de ses ministres et leur entourage. L’ancien président a ensuite été arrêté le 17 août et a été libéré sous caution dans l’attente des conclusions de l’instruction.

Ce Jeudi, l’ancien chef d’état était inculpé pour corruption, blanchiment d’argent et enrichissement illicite et voyait ses avoirs en Mauritanie, gelés.

Gros nuages à l’horizon pour Ould Abdel Aziz

Ould Abdel Aziz,  après 10 années et deux mandats passés à la tête de la Mauritanie, cédait sa place à son dauphin et actuel président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, en 2019. La Mauritanie, selon la Banque Mondiale a connu une croissance soutenue du PIB de 2008 à 2014, accompagnée d’une amélioration significative du bien-être des ménages. Cependant, la pauvreté frappait encore certaines personnes pauvres, notamment dans la capitale, Nouakchott.

La participation au marché du travail et le taux d’emploi ne se s’étaient pas améliorés, et les groupes qui n’ont pas bénéficié du progrès social, tels que les jeunes, les femmes et les travailleurs à faible revenu, sont de plus en plus marginalisés. Seuls 55% des enfants âgés de 6 à 11 ans sont inscrits à l’école primaire, quand un tiers des ménages vivent dans des logements précaires et 38% de la population a accès à l’éclairage électrique.

C’est dans ce contexte économique difficile, qu’une enquête des services financiers de l’état ont découvert que l’ancien président, Ould Abdel Aziz, se serait illicitement enrichi tout en ayant autorisé voir organisé, un vaste réseau de corruption dans les plus hautes sphères de l’état. Ce jeudi l’ancien président était inculpé pour corruption à l’issue de l’enquête et placé sous contrôle judiciaire.

Une grande première dans le pays, qu’un haut responsable était tenu comptable de la gestion financière faite au cours de son mandat. Selon la presse locale, des avoirs rien qu’en Mauritanie d’Ould Abdel Aziz, avaient été saisis pour un montant global d’environ 100 millions d’euros. Pour les avocats de l’ancien président, la procédure était irrégulière ; pour eux seule « la Haute Cour de Justice  et seulement en cas de haute trahison » pouvait instruire un dossier sur sa gestion du pays.

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