Wauquiez limoge Calmels de la vice-présidence des Républicains

camels-wau.jpgAprès de nouvelles critiques publiques, Virginie Calmels s’était retrouvée de plus en plus isolée au sein de la direction. Laurent Wauquiez a décidé, ce dimanche soir, de la remplacer par le président du conseil national, Jean Leonetti.

C’est la fin de l’histoire. Entre Laurent Wauquiez et sa vice-présidente, la rupture est définitive et publique. Dimanche, le président de LR a mis fin aux fonctions de la numéro 2 du parti, Virginie Calmels, dans un communiqué, et choisi pour la remplacer le président du conseil national, Jean Leonetti.

Après une semaine de vives tensions, les dernières déclarations de Virginie Calmels auront donc été celles de trop. «J’ai cru avec sincérité à sa volonté de rassembler», avait sévèrement dénoncé la vice-présidente de LR dans une interview au Parisien dimanche. Pour la numéro 2 du parti, qui avait pourtant fait campagne avec Laurent Wauquiez pour «le retour de la droite, une droite qui soit vraiment de droite», l’élection du président le 10 décembre dernier ne valait pas pour autant validation de sa ligne politique. «Depuis son élection, il démontre au fur et à mesure qu’il semble être uniquement là pour défendre sa propre ligne. Il estime qu’il doit son élection qu’à sa seule présence. Je ne partage pas cette vision», faisait-elle valoir.

Ses condamnations publiques ont aussitôt provoqué un vif tollé au sein de LR. «Après NKM, l’épidémie se poursuit. Docteur, un remède contre le syndrome du numéro 2 qui voudrait être numéro 1 sans avoir été élue? Pour rappel le n2 est là pour épauler le n1 pas pour nuire au parti Les Républicains!», a vivement réagi Nadine Morano sur Twitter, en exprimant une opinion largement répandue au sein du parti. «Laurent Wauquiez a été élu sur sa ligne, on ne peut pas lui demander de se renier! On peut avoir du débat, mais il y a des instances pour en discuter au sein du parti comme le conseil des sensibilités», a aussi rebondi le centriste Jean Leonetti, aussi président du Conseil des sensibilités. «Laurent Wauquiez ne m’a jamais empêché d’exprimer ma sensibilité plus centriste et humaniste», ajoutait encore Damien Abad, vice-président, voulu par Virginie Calmels.

«Une démarche de rupture»

Au sein de l’équipe dirigeante, dès l’interview connue, les réactions ont donc été unanimes. Pour le secrétaire général adjoint, Fabien di Filippo, cette nouvelle sortie publique ne pouvait se comprendre que par «le besoin d’exister» de la vice-présidente dont il a dénoncé «la posture». Jean Leonetti y voyait aussi «une démarche de rupture» de Virginie Calmels quand d’autres y lisaient une volonté de la numéro 2 de «chercher l’incident et de le médiatiser. Sortir? C’est ce qu’elle cherche de toute façon».

Au fil de la journée, Virginie Calmels a donc semblé de plus en plus isolée au sein de LR, à tel point que son maintien aux côtés du président de LR semblait de plus en plus compliqué. «J’ai l’impression qu’elle est passée de la contestation à la provocation», déplorait Jean Leonetti, acceptant le «débat de fond», mais condamnant «le combat de personnes». «Elle pense qu’exister médiatiquement lui donne du poids politique», décryptait un élu LR, «mais on existe surtout par ses idées! Elle a eu tort de lancer un rapport de force alors qu’elle ne représente aucune force».

«Ceux qui sont obsédés par leur seul nombril ne peuvent avoir leur place»

Dans ce contexte, Laurent Wauquiez a tapé du poing sur la table dimanche soir. «Cela ne pouvait plus durer, Wauquiez siffle la fin de la récréation. C’est un acte d’autorité assumé pour que chacun comprenne bien que rien en le déviera de sa mission: reconstruire la droite», décrypte l’entourage du président de LR. Si pour l’équipe dirigeante, «la diversité de paroles et de sensibilités» peut s’entendre, elle doit se faire «au service d’un projet collectif. Ceux qui sont obsédés par leur seul nombril ne peuvent avoir leur place», lance cinglant un soutien de Wauquiez.

Pour les membres de l’équipe dirigeante, plutôt qu’un problème de ligne politique, les déclarations répétées de la numéro 2 s’expliqueraient par une «une incapacité pathologique à se fondre dans un collectif» et par «une frustration grandissante de ne pas avoir davantage de poids politique». «Dans ses écarts des dernières semaines, il faut surtout voir l’amertume qui l’a envahie quand Laurent Wauquiez n’a pas donné suite à son ambition de conduire la liste aux européennes. Une amertume qu’elle a fini par ne plus savoir contrôler», indique un proche du président de LR. Si officiellement Virginie Calmels n’a jamais fait acte de candidature pour ce scrutin, en coulisses, de nombreux élus expliquent qu’elle souhaitait figurer – voire conduire – la liste LR aux européennes.

Par son éviction, les wauquiezistes ont donc sanctionné son «manque de loyauté», qui décrirait «le fil rouge de sa brève carrière politique». Une allusion directe au fossé qui s’est creusé entre Alain Juppé et son adjointe à Bordeaux. «Par ses provocations des derniers jours, elle croyait défier Wauquiez, mais c’est en fait à tous les élus et militants du parti qu’elle a manqué de respect», expose ce soutien de Laurent Wauquiez. «L’écume des jours n’interdira pas la promesse de l’aube. Cet épisode dérisoire n’empêchera pas la droite de se refonder», conclut Guillaume Peltier, vice-président de LR.

Marion Mourgue
Journaliste
lefigaro.fr